DAHLAN, Mohammed

Mohammed Dahlan est né en 1961 dans le camp de réfugiés de Khan Younis à Gaza, sa famille étant originaire de Hammama (actuellement Nitzanim, un kibboutz situé dans le sud d’Israël, entre Ashdod et Ashkelon). Son père travaillait en Arabie Saoudite. Dahlan grandit sous contrôle égyptien, ensuite israélien. Rapidement, il rejoint les rangs des activistes palestiniens, en tant que chef du Mouvement de Jeunesse du Fatah (Ash Shabiba), qu’il contribue à mettre sur pied en 1981. Il est emprisonné 11 fois par les Israéliens entre 1981 et 1986, pour son appartenance au mouvement. Pendant son incarcération, il apprend l’hébreu, et une fois libéré, il termine ses études de Gestion à l’Université islamique de Gaza.

Lorsque la première Intifada commence en 1987, Dahlan devient l’une des figures les plus importantes de la révolte, mais il est aussitôt arrêté et déporté par les autorités israéliennes vers la Jordanie, puis par les Jordaniens vers l’Egypte, et enfin par l’Egypte vers l’Irak. Il rejoint alors l’OLP basée à Tunis, d’où il organise des actions et manifestations en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, ce qui lui permet de gagner la confiance de Yasser Arafat. Il est également impliqué dans les négociations sécrètes qui menèrent aux Accords d’Oslo en 1993 et à la création de l’ Autorité Nationale Palestinienne (ANP).

Dahlan revient à Gaza avec Arafat en 1994, où il obtient le poste de chef  des Forces de Sécurité Préventive de la Bande de Gaza. A son arrivée, il jouit d’une certaine sympathie dans la population. Il participe activement aux négociations sur les questions de sécurité relatives au redéploiement israélien pendant le processus d’Oslo, et fait également partie de la délégation palestinienne aux pourparlers de paix de Camp David en 2000 (voir Dossier Spécial MEDEA: Que s’est-il passé à Camp David? ) . Avec la deuxième Intifada qui éclate en septembre 2000, la crédibilité de M. Dahlan pâtit quelque peu. Il est en effet dans l’obligation, sous la pression d’Israël et des Etats-Unis, d’agir fermement contre les militants islamistes. De plus, certains n’apprécient guère les bonnes relations qu’il entretient avec les responsables de la sécurité de ces deux pays. Il négocie à plusieurs reprises depuis le début de la seconde Intifada avec des fonctionnaires israéliens afin d’arriver à un cessez-le-feu.

En 2001, Dahlan fâche le Président Arafat en critiquant le manque de cohérence politique durant l’Intifada actuelle. En juin 2002, il soutient des demandes de reforme de l’ANP, et démissionne de son poste de chef de sécurité après un désaccord avec Arafat. Il espère être nommé Ministre de l’Intérieur dans le cabinet restructuré d’Arafat, mais reçoit à la place le poste de Conseiller pour la sécurité. Il tente alors d’obtenir du soutien pour un challenge électoral contre Arafat, mais se rétracte par loyauté envers les Palestiniens quand l’administration Bush exige un changement dans la direction de l’ANP en juillet 2002. En avril 2003, malgré une forte opposition de la part d’Arafat, Mohammed Dahlan est choisi par Mahmoud Abbas, alors récemment désigné Premier Ministre,  comme Ministre d’Etat pour la Sécurité.

Dahlan est évincé en septembre 2003, lorsque Mahmoud Abbas perd son bras de fer politique avec Arafat à la suite duquel  il démissionne. Il est remplacé par Nasser Youssef, un proche d’Arafat, lui-même bien vite remplacé à ce poste par Hakam Balaoui. Dahlan a continué d’exiger une réforme au sein de l’ANP, ainsi que des élections et la démocratisation de Fatah, mais insiste sur le maintien d’Arafat comme Président.

Suite à la décision prise en 2004 de placer Mousa Arafat, fils de Yasser Arafat, à la tête de la Police Gaza, une semaine de confrontations explosèrent à Gaza, dirigées, semble-t-il, par Mohammed Dahlan lui-même.

Après la mort de Yasser Arafat en novembre 2004, Mohammed Dahlan est élu, le 24 février 2005, Ministre des Affaires civiles dans le gouvernement composé par le Premier ministre palestinien, Ahmed Qoreï.

Dahlan a été élu au Conseil législatif palestinien le 26 Janvier 2006 comme représentant de Khan Younis. En 2007, Dahlan a cherché à prendre une position ferme contre le Hamas, menant en Janvier de la même année le plus grand rassemblement de partisans du Fatah dans la bande de Gaza. En outre, avec l’aide d’armes et de formation militaire américaine, Dahlan a orchestré un coup d’état contre le Hamas dans la bande Gaza, qui fut rapidement déjoué, entraînant une réponse militaire menée par le Hamas.

En Mars 2007, Dahlan a été nommé par Mahmoud Abbas au Conseil de Sécurité Nationale, malgré l’objection du Hamas. Suite à la victoire du Hamas dans la Bande de Gaza en juin 2007, Dahlan démissionna comme conseiller pour la sécurité nationale du Président Abbas. Suite à la prise de la bande de Gaza par les forces du Hamas, Dahlan s’exila en Egypte, avant de réintégrer la sphère politique palestinienne suite à l’Opération Cast Lead, connu sous le nom de la Guerre de Gaza, pendant l’hiver 2008/09.

Alors que Mohammed Dahlan semble entretenir des liens avec des groups militants palestiniens, tel que le Tanzim à Gaza, la BBC précise que Dahlan ‘joui de la confiance des Etats Unis et Israel’ ; il est en effet ‘quelqu’un avec qui l’Israel peut négocier’. Ceci a clairement affecté sa popularité auprès de la population palestinienne.

De plus, Dahlan reste aujourd’hui l’un des officiels les plus critiques vis-à-vis du Hamas (Les leaders du Hamas accusent les harassements de Dahlan d’être à l’origine des confrontations en 2007). Il a récemment critiqué les leaders du Hamas pour avoir refuser la proposition faite par l’Egypte en Octobre 2009 pour la création d’un comité de coordination multi-faction, rassemblant la Cisjordanie et Gaza sous une même tutelle administrative. Fatah n’a quant à lui pas hésité à accepter la proposition égyptienne, décrivant le refus du Hamas pourrait ‘anéantir’ une initiative cherchant à réunifier les territoires palestiniens. L’ancien conseiller pour la Sécurité Nationale accuse le Hamas de nourrir l’intransigeance Israélienne and son intention d’annexer les territoires en Cisjordanie.