EL BECHIR, Omar

En 1993, Omar EL Béchir devient Président du Soudan et il occupe ce poste jusqu’à maintenant.

Né en 1944, le chef d’Etat soudanais a grandi dans une famille de paysans, modeste, dans le village de Hosh Bonnaga. La carrière du futur Président a débuté lorsqu’il a rejoint l’académie militaire soudanaise en 1963. Il compléta sa formation en rejoignant l’armée égyptienne, dans laquelle il a servi lors de la guerre contre Israël en 1973.

De retour au Soudan, il intègre la rébellion sudiste et accède au grade de général dans les années 1980. Ce n’est qu’en 1989, en tant que dirigeant de la junte, qu’Omar El Béchir s’empare du pouvoir en renversant le pouvoir en place. Cependant même si la junte est au pouvoir, elle est chaperonnée par le parti Front national islamique de Hassan Al-Tourabi, qui tire les ficelles.

Omar el Béchir prend de plus en plus de pouvoir et instaure un climat dictatorial en procédant à de multiples arrestations et exécutions. C’est en 1993 qu’il s’autoproclame Président de la République du Soudan et se fait « élire » pour la première fois en 1996. Le chef d’Etat évinça Tourabi lorsque ce dernier décida de reprendre le pouvoir en 1999, déclarant l’état d’urgence dans le pays.

Grâce au pétrole, la république d’Omar El Béchir change et perd son étiquette d’Etat voyou. Mais le chaos est toujours présent dans le pays : dans les années 2000, le chef d’Etat tente de négocier avec les groupes rebelles du Sud et signe un accord de paix avec l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) qui met fin à 21 ans de guerre. Malgré ce grand pas, il reste au Soudan une zone d’instabilité : en effet, la guerre civile continue de faire des ravages au Darfour.

En 2008, le Président El Béchir fait l’objet d’un mandat d’arrêt international, demandé par la Cour Pénale internationale (CPI). Il est accusé d’avoir commis crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour. Cependant, si le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno-Ocampo a réclamé un mandat d’arrêt pour génocide dans la région du Darfour, ce chef d’accusation n’a pas été retenu par la CPI.

Ce fut la première demande d’arrestation d’un chef d’État en exercice.

En avril 2010, se préparaient les premières élections multipartites au Soudan depuis 24 ans, qui marquent un tournant et doivent assurer une transition vers un régime démocratique en vue de l’organisation du référendum d’autodétermination prévu en janvier 2011 au Sud Soudan. Le climat s’est peu à peu dégradé dans le pays laissant place au boycott des élections par les partis d’opposition et mettant en avant le caractère dictatorial du Président en place qui menaça même les observateurs internationaux présents au Soudan.