HARIRI, Rafic

Homme politique libanais né à Saïda en 1944. Après avoir commencé des études universitaires à Beyrouth en 1965, il émigre l’année suivante en Arabie Saoudite. Après être entré au service d’une compagnie de ce pays, il y crée sa propre société de construction en 1970. En 1978, sa société « Saudi Oger » devient « Oger international ». Il acquiert quelques années plus tard la nationalité saoudienne. En 1983, il crée la fondation Hariri qui permet à plusieurs milliers de jeunes libanais d’étudier en Europe et aux Etats-Unis. Au Liban, le groupe Oger se spécialise dans la reconstruction des zones et immeubles endommagés par les combats.

En 1989, Rafik Hariri joue un rôle important dans l’organisation de la conférence d’où sortiront les accords de Taëf. En 1991, il finance un plan de reconstruction du centre de Beyrouth. Alors que le Liban traverse une crise économique sans précédent, il fait plusieurs fois état de sa frustration devant l’obstruction de certains politiciens libanais à l’égard de ses projets.

Vie politique

Après l’important succès de sa soeur Bahiya Hariri dans la circonscription de Saïda lors des élections de 1992, le président Hraoui nomme Premier ministre, le 22 octobre 1992, cet homme d’affaire sans lien avec la classe politique traditionnelle. Un Premier ministre dont les pouvoirs sont plus importants que ceux de ses prédécesseurs du fait de la mise en oeuvre des accords de Taëf.

En décembre 1998, après l’élection d’Emile Lahoud à la présidence de la république, Rafik Hariri démissionne de son poste de Premier ministre.

A la tête d’un important empire médiatique – il possède une chaîne de télévision (locale et satellitaire, Future-TV/Al-Mostaqbal), deux radios (Izaat As-Sharq et Radio Orient, qui émet depuis Paris), un important hebdomadaire (Al-Mostaqbal) et une participation de 38% dans un des principaux quotidiens libanais (An-Nahar).

Premier ministre pour la seconde fois du 23 octobre 2000 au 20 octobre 2004, il démissionne de son poste dans un contexte de cohabitation difficile avec le Président Emile Lahoud et par extension avec la Syrie.

Assassinat et enquête internationale

Il est assassiné le 14 février 2005 dans un attentat à l’explosif à Beyrouth, revendiqué sans preuve par un groupe islamiste inconnu (« Groupe pour la victoire et la guerre sainte au Levant »). Toutefois, tout porterait à croire à une implication syrienne. Il a été inhumé le lendemain au coeur de Beyrouth au milieu d’une foule immense et survoltée.

Un mois plus tard, le 14 mars, un million de libanais descendent dans les rues pour protester contre la présence syrienne au Liban. Cette manifestation et celles qui ont suivi prennent le nom de Révolution du Cèdre, suite à laquelle aura lieu le retrait des troupes syriennes du Liban.

Suite à cet assassinat qui coûta la vie à 22 autres personnes, une Commission d’enquête internationale indépendante est mise en place par le Conseil de Sécurité. Elle est tout d’abord dirigée par le procureur Allemand Detlev Mehlis. Celui-ci réunit des témoignages démontrant une implication syrienne dans l’attentat. Mais plusieurs témoins s’avèrent faux, et l’impopularité de la Commission lui bloque toutes les avancées. Mehlis ne désire pas de renouvellement de son mandat lorsque celui-ci prend fin à la fin décembre 2005.

Le juge belge Sege Brammertz le remplace. La manière dont il mène son enquête est plus appréciée et cela se répercute sur les résultats. Il obtient la coopération des autorités syriennes. La Commission collabore avec les autorités judicaires libanaises.

Le 30 mai 2007, le Conseil de Sécurité décide par 10 voix sur 15 de la création d’un tribunal spécial chargé de juger les assassins d’Hariri. En septembre, Serge Brammertz présente son dernier rapport – il est nommé Procureur du Tribunal Pénal pour l’ex-Yougoslavie – devant le Conseil de Sécurité. Son successeur, le Canadien Daniel Bellemare assurera la fonction de Procureur du Tribunal spécial pour le Liban.

résumé du dernier rapport :

http://www.un.org/News/fr-press/docs/2007/CS9187.doc.htm