HUSSEINI, Faiçal

Personnalité politique palestinienne née à Bagdad en 1940. Il était considéré comme l’une des figures marquantes du mouvement palestinien, apprécié par tous -Israéliens y compris- pour son honnêteté intellectuelle et sa volonté de faire co-exister pacifiquement Palestiniens et Israéliens. Il a été le plus important leader du Fatah en Cisjordanie. Faisal Husseini est inopinément décédé d’une crise cardiaque lors d’un voyage au Koweit le 31 mai 2001.

Fils d’Abdelkhader Husseini, chef militaire qui mourut dans la bataille pour Jérusalem en avril 1948, neveu d’Hadj Amin Husseini, Grand Mufti de Jérusalem à l’époque, Faisal Husseini venait d’une famille palestinienne aristocratique.

Son engagement actif dans l’OLP remonte à 1964, après ses études en sciences, lorsqu’il travaillait au bureau de l’Organisation à Jérusalem. Fondateur et dirigeant de la Société d’Etudes Arabes (1979) basée à Jérusalem-Est, il était également un pionnier du dialogue israélo-palestinien.

Emprisonné par Israël une année complète en 1967, il a constamment été placé en résidence surveillée de 1982 à 1987, puis interné en détention administrative à plusieurs reprises de 1987 à 1990, l’une d’entre elles durant même 10 mois (en 1987-88). Sa dernière détention remonte à octobre 1990 lorsque la police l’a maintenu en prison pendant 16 jours à la suite de la mort de 18 Palestiniens à la Mosquée al-Aqsa par des militaires israéliens.

Ses différents séjours en prison lui ont permis d’apprendre l’hébreu ce qui lui a facilité, par la suite, ses contacts avec les Israéliens. Il a souvent été amené à exposer le point de vue palestinien lorsqu’il était invité à la radio et à la télévision israéliennes.

Sa pugnacité en a fait le leader palestinien « de l’intérieur » le plus connu, très actif durant l’Intifada de 1987.

Parce qu’originaire de Jérusalem-Est, il était récusé par la partie israélienne comme négociateur palestinien dans les pourparlers de la Conférence sur la paix qui débute à Madrid en 1991. Il devint toutefois chef du comité informel (lié à l’OLP) de conseillers auprès de la délégation palestinienne officielle à la Conférence.

Bien qu’il n’ait pas joué de rôle dans les négociations secrètes entre l’OLP et Israël, il était présent à la cérémonie de signature de la Déclaration de Principes à Washington en septembre 1993 (voir processus de paix d’Oslo). Après, il s’est impliqué activement et avec succès dans le processus de réconciliation entre la direction de l’OLP et l’Arabie Saoudite. Par ailleurs, il s’est opposé fermement aux abus commis par l’Autorité Nationale Palestinienne (ANP) en matière de Droits de l’Homme.

En tant que directeur de la Maison d’Orient, il accueillait les personnalités étrangères en visite à Jérusalem-Est. Il ne s’est pas présenté aux élections législatives palestiniennes de janvier 1996 parce qu’il aurait dû pour ce faire avoir sa résidence principale en Cisjordanie et, par conséquent, quitter Jérusalem. Ministre sans porte-feuille dans l’ANP, il était, à titre non-officiel, en charge du dossier de Jérusalem.

Il était politiquement très proche d’Hanane Achraoui et d’Haïdar Abdel Chafi.