LAHOUD, Emile

Emile Lahoud, un chrétien maronite, est originaire de la région du Metn au Liban (nord-est de Beyrouth) où il est né en janvier 1936. Entré à l’Académie Militaire en 1956, il a complété sa formation par des stages en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Il est devenu officier de marine en 1959 et a été promu commandant en 1970. Il a également occupé des postes élevés au sein du Ministère de la Défense jusqu’à ce qu’il devienne Général et soit désigné Commandant en chef de l’armée libanaise en novembre 1989 après la destitution du Général Aoun par le Président Hraoui.

Le Général Lahoud a à son actif la reconstruction et la réunification de l’armée libanaise que des années de guerre civile avaient laissée à mal. Sous son commandement, l’armée a désarmé avec succès la plupart des milices en 1991, conformément aux Accords de Taëf. Lahoud a toutefois laissé le Hezbollah poursuivre sa lutte de guerilla – considérée comme une guerre défensive – contre l’occupation israélienne du sud-Liban.

Proposé par le Président Hraoui (dont le mandat expirait le 23 novembre 1998) pour lui succéder à la présidence de la république libanaise, il a été élu par le Parlement libanais le 15 octobre 1998 à l’unanimité des députés présents.

La Constitution libanaise fixe le mandat du président à 6 ans. Or, en septembre 2004, le Parlement libanais, sous pression syrienne, a voté une loi prolongeant le mandat d’Emile Lahoud, qui devait se terminer en 2004, jusqu’en 2007. Cette prolongation de mandat a été le détonateur de la «Révolution du Cèdre».

Emile Lahoud poursuit néanmoins son mandat jusqu’à son terme. Le 23 novembre 2007 il quitte la présidence sans qu’un successeur ne lui ai été désigné. Les deux mouvements politiques du 8 et du 14 mars ne parviennent en effet pas à se mettre d’accord sur un candidat de consensus. En attendant, les pouvoirs présidentiels sont confiés au Conseil des Ministres présidé par Fouad Siniora – dont la légitimité n’est toujours pas reconnue par le camp « pro-syrien ».