LEVY, David

Né à Rabat (Maroc) en 1937, David Lévy émigre en Israël à l’âge de 20 ans. D’origine modeste et longtemps chômeur, il travaille également dans la région de Bet Shean, comme ouvrier agricole et maçon. Syndicaliste à la Histadrout (le syndicat unique israélien, à dominante travailliste), il gravit lentement les échelons pour entamer une carrière politique en 1969 lorsqu’il est élu à la Knesset sur la liste du Hérout (composante majoritaire du Likoud lors de sa création en 1973).

Personnalité politique sépharade en vue, il a beaucoup contribué au succès du Likoud lors des élections législatives de 1977 (le Likoud draine traditionnellement les voix sépharades de l’électorat israélien). Successivement ministre de l’Immigration (1977-1978) puis de la Construction et du Logement (1978-1990) – position qui lui a permis de superviser et d’encourager l’extension de la colonisation juive en Cisjordanie -, il devient ministre des Affaires Etrangères de 1990 à 1992.

C’est de cette époque que date sa rivalité avec Benjamin Netanyahou, alors vice-ministre des Affaires Etrangères, qui accompagne le Premier ministre Yitzhak Shamir à la Conférence de Madrid. Cette rivalité ne fait que croître lorsque, en mars 1993, Levy perd l’élection pour la présidence du Likoud face à Netanyahou. En juin 1995, Levy décide de quitter le Likoud pour créer son propre parti, le Gesher (Pont), avec son frère Maxime Lévy et un intellectuel de centre-gauche sépharade, l’ex-maire d’une localité proche de la frontière libanaise, Shlomo, Yehuda Lancry, aujourd’hui ambassadeur d’Israël aux Nations Unies.

Toutefois, une alliance tardive avec le Likoud, victorieux aux élections législatives de mai 1996, permet à Lévy de participer à la coalition gouvernementale (à laquelle il apporte les cinq sièges du Gesher à la Knesset) et de retrouver le porte-feuille des Affaires Etrangères. Mais le pouvoir en la matière revient en réalité au Premier ministre Netanyahou désireux d’avoir la mainmise sur les relations israélo-palestiniennes, et à son conseiller Dore Gold. Au moment de la formation du gouvernement, David Levy a poussé Netanyahou à donner à Ariel Sharon – son vieil allié dont il ne partage pourtant pas toutes les vues politiques – un porte-feuille ministériel (on a alors inventé spécialement pour Sharon le poste de Ministre de l’Infrastructure Nationale).

Du fait de divergences de vue avec le Premier ministre sur son attitude par rapport au processus de paix, David Levy quitte le gouvernement en janvier 1998. Peu après la mise en oeuvre de la première phase du Memorandum de Wye River qui permet la relance du processus de paix, il envisage néanmoins de réintégrer la coalition gouvernementale mais les négociations entreprises à ce propos échouent.

Suite aux élections législatives de juin 1999, il devient (pour la troisième fois) ministre des Affaires Etrangères dans la coalition gouvernementale formée cette fois par Ehoud Barak. Il devient également un des trois vice-Premier Ministres de ce gouvernement.

En juillet 2000, M. Lévy refuse de prendre part aux négociations de paix à Camp David puis démissionne du gouvernement le 2 août, donnant comme raison les concessions que M. Barak était prêt à faire sur Jérusalem pour aboutir à un accord de paix avec les Palestiniens.

Depuis, celui à qui l’on promettait un brillant avenir politique semble condamné à se replier sur la politique locale. Surtout, son électorat est désormais attiré par le Likoud ou par le Shass d’Arié Deri et Eli Yishaï (parti orthodoxe oriental draînant les voix sépharades, son électorat traditionnel).

On le situe généralement au centre-droit de l’échiquier politique du pays.