Mohammed VI (Maroc)

Sidi Mohammed, fils aîné du roi Hassan II du Maroc , est né le 21 août 1963 à Rabat. Sa mère, Lalla Latifa Hammou, deuxième femme du roi Hassan II, était une berbère d’origine roturière. Elle n’a jamais reçu de titre, tout au plus était-elle « mère des enfants royaux ».

L’éducation du prince Mohammed s’est tout d’abord faite à l’école coranique du palais royal. A l’age de dix ans il entre au Collège Royal de Rabat, où il reçoit une éducation de type occidental.

En 1985, le prince héritier obtient sa licence en droit à la Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales de Rabat. Son sujet de mémoire portait sur « l’Union Arabo-Africaine et la stratégie du Royaume du Maroc en matière de relations internationales. » En 1987, le Prince obtient son Certificat d’Etudes supérieur (C.E.S) en sciences politiques avec mention. Afin de compléter sa formation, le prince effectue en novembre 1988 un stage de quelques mois à Bruxelles dans le cabinet de Jacques Delors, alors Président de la Commission Européenne.

En 1993, le Prince Mohammed obtient le titre de Docteur en droit à l’Université de Nice-Sophia Antipolis pour sa thèse sur « la coopération entre la CEE et l’Union du Maghreb Arabe. En plus de l’arabe classique et marocain, le Prince maîtrise l’anglais, le français et l’espagnol. Depuis 1974, le Prince a représenté son père Hassan II (roi du Maroc de 1961 jusqu’à sa mort en 1999) à différentes reprises lors d’événements de portée internationale, le premier étant les obsèques du président français Georges Pompidou, dont la cérémonie religieuse fut célébrée en la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Le Prince Héritier Sidi Mohammed a accédé au trône à la mort de son père le 23 juillet 1999 sous le nom de Mohammed VI, devenant ainsi le 18ème souverain de la dynastie alaouite (1).

Peu après son intronisation, respectant la tradition marocaine, Mohammed VI a accordé peu après sa grâce à 7.988 prisonniers et a réduit la peine de 38.224 autres. Nombre d’entre eux appartiennent a l’association islamiste proscrite Adl Wal Ihsane (Justice et Bienfaisance) dirigé par Abdeslam Yassine qui vit en résidence surveillée depuis 1989.

Le 21 mars 2002, Mohammed VI s’est marié avec la Princesse Salma Lalla Bennani (2), ingénieur en informatique alors âgée de 24 ans et originaire de Fès. La succession reviendra à leurs fils, le Prince Moulay Hassan, né le 8 mai 2003. Le second héritier au trône est le frère du roi, Moulay Rachid.

Les souverains marocains portent le titre de « Roi » depuis 1955. Auparavant, ils étaient appelés «Sultan». Au roi du Maroc incombe des fonctions politiques et religieuses. En tant que chef de l’Etat, ses pouvoirs sont considérables: il nomme et révoque le Premier Ministre, ainsi que les ministres des postes clefs du gouvernement (affaires extérieures et intérieures, défense, religion, etc…); le roi peut dissoudre les assemblées, suspendre la Constitution… D’autre part, le Roi du Maroc, supposé être le 36eme descendant du Prophète, est le chef spirituel des musulmans marocains. Le titre de « Commandeur des croyants » (Amir Al Mouminin) lui est confié par la Constitution.

En 1999, déclarant vouloir régner dans un état de droit, Mohammed VI a remplacé par un de ses proches le tout-puissant Driss Basri, l’inamovible Ministre de l’Intérieur depuis 1979, considéré comme le personnage le plus puissant après le Roi et qui constituait un frein à la nouvelle politique du nouveau Premier Ministre d’alors, Abderahmane Youssoufi.

L’arrivée de Mohammed VI sur le trône a soulevé l’enthousiasme des Marocains, particulièrement de la jeune génération. Peu après son accession au trône, le roi a proclamé son attachement à la monarchie constitutionnelle et au pluralisme politique. Il a également défendu le libéralisme économique pour le Maroc, tout en promettant de lutter contre la pauvreté et la corruption, de prendre des mesures en faveur de l’emploi. Si l’espérance de voir la situation des droits de l’homme s’améliorer avec le nouveau roi est grande, la liberté d’expression et plus généralement les droits de l’individu sont toujours imparfaits au Maroc (3). Mohammad VI a par ailleurs fait en sorte que la « Mudawana » (code de la famille et du statut personnel) puisse être réformée dans un sens plus favorable aux droits et à l’indépendance des femmes marocaines.

Au sujet du Sahara occidental, Mohammed VI s’est aligné sur la position de son père, réaffirmant la souveraineté du Maroc sur ces provinces.

Pour une rétrospective des dix premières années du règne de Mohammed VI voir :

  • Une main de fer dans un gant de velours (Edito 24/7/2009)
  • Mohammed VI : dix ans de règne (revue de presse 24/7/2009)

Notes :

(1) Les Alaouites règnent sur le Maroc depuis 1666. Si la succession au trône est héréditaire, elle, l’ordre en a été plusieurs fois modifié par les autorités coloniales françaises au gré leurs intérêts.

(2) Le titre de Reine n’existe pas au Maroc.

(3) Au printemps 2003, le journaliste Ali Lmrabet, Directeur du journal Demain, a était condamné à trois ans de prison pour « outrage à la personne du Roi»