MOUBARAK, Mohammed Hosni

Président de la République Arabe d’Egypte, Mohammed Hosni Moubarak est né le 4 mai 1928 dans le village de Kafr el-Musaliha, situé dans le gouvernorat d’Al-Menoufiyah dans la région du Delta. Il est marié à Suzanne Thabet avec qui il a eu deux fils, Alaa et Gamal.

Formation

Après le lycée, il intègre l’Académie militaire et y obtient un diplôme en Sciences Militaires. Il rejoint ensuite l’Académie de l’Armée de l’Air en 1950 et obtient un nouveau diplôme en Sciences de l’Aviation.

Carrière militaire

Moubarak entame ensuite une carrière militaire. Il occupe de nombreux postes au sein de l’armée de l’air égyptienne, successivement pilote, instructeur, chef d’escadron et commandant de base. En 1964, il prend la tête de la délégation égyptienne en URSS pendant un peu plus d’un an et est ensuite nommé commandant de la base aérienne du Caire Ouest. De 1967 à 1972, entre les deux guerres israélo-arabes, il est enfin nommé Chef de l’Académie et chef du personnel de l’Armée de l’air.

Carrière politique

Moubarak commence sa carrière politique sous Sadate qui le nomme Commandant en Chef de l’Armée de l’air et Ministre des Affaires Militaires. Promu Maréchal de l’air suite à la guerre du Kippour, il est nommé Vice-Président de la République en 1975, et Vice-Président du Parti National Démocratique (PND) trois ans plus tard. Tout l’indique donc comme successeur d’Anouar El-Sadate à la tête du pays.

Le 6 octobre 1981 ce dernier est assassiné par des islamistes durant le défilé militaire rappelant la victoire égyptienne. Hosni Moubarak prend alors la tête du pays et du PND.

Politique intérieure

Le régime mis en place par le Président Moubarak est de type autoritaire. Ayant déclaré l’état d’urgence suite à l’assassinat de son prédécesseur, il ne l’a jamais retiré.

Moubarak n’a jamais effectué une réelle ouverture politique. Dès le début de sa présidence, il craint le pouvoir de potentiels adversaires. En février 1986, il doit faire face à une mutinerie des 17 000 conscrits des Forces de Sécurité Centrales. Abu Ghazala, le Ministre de la Défense de l’époque, parvient à la maîtriser, ce qui lui donne un grand ascendant sur la population. Craignant son pouvoir, Moubarak le renvoie de son poste. En tant qu’unique candidat, Hosni Moubarak est réélu à la Présidence de la République en 1987.

Les élections de 1993 et de 1999 reproduisent le même shéma. Mais en 2005, l’élection présidentielle s’ouvre à d’autres candidats suite à des pressions exercées par les Etats-Unis en faveur d’efforts démocratiques. Le 9 septembre 2005, Moubarak est réélu à 88,5% des voix. De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer des élections truquées. Son principal opposant, Ayman Nour a été emprisonné en décembre de la même année pour malversations, ce que beaucoup on interprété comme une manière de l’écarter politiquement.

Aujourd’hui, des rumeurs courent dans le pays concernant une future passation de pouvoir de Hosni Moubarak à son fils Gamal. Celui-ci a en effet rapidement gravi les échelons dans le PND et semble être proggressivement préparé à reprendre le poste.

Quant à l’attitude de Moubarak par rapport aux fondamentalistes, elle s’est durci au fil des années. Suite à quelques années de laxisme, il a en effet repris la politique de répression de son prédecesseur. Les mouvements islamistes des Gamaat el-Islamiya et du Jihad el-Islami intensifient leur campagne contre lui à partir de 1992. De nombreux attentats leurs seront attribués: une attaque d’un bus de touristes à Louxor en 1997, deux attentats au Caire et un à Sharm-el-Sheikh en 2005 et enfin un en 2006 dans la station balnéaire de Dahab sur la Mer Rouge.

L’opposition est aujourd’hui principalement menée par les Frères Musulmans. Pour contrer cette organisation, la dernière révision constitutionelle a introduit des amendements interdisant tout parti confessionnel ou religieux.

Politique extérieure

Alors que sa politique intérieure est souvent critiquée, de l’intérieur comme de l’extérieur, la politique étrangère permet souvent au Président Moubarak de redorer son image.

Tout comme l’avait initié Sadate pendant son revirement des années 70, Moubarak maintient une politique étrangère tournée vers les Etats-Unis. Néanmoins, contrairement à son prédecesseur, il renoue des contacts avec l’URSS.

Sur le plan régional, l’Egypte est rejetée du système régional arabe à cause de la paix conclue en 1979 avec Israël. Mais petit à petit, grâce à une habile politique, Moubarak parvient à rendre à l’Egypte sa place de leader politique régional grâce à son action pro-irakienne dans la guerre Iran-Irak. Quelques années plus tard, c’est néanmoins l’Egypte qui mène l’opposition arabe à l’invasion irakienne du Koweit.

Depuis quelques années, l’Egypte semble avoir perdu une grande partie de ce leadership régional au profit de l’Arabie Saoudite. Néanmoins, elle demeure un des seuls Etats arabes à avoir signé une paix avec Israël (seule la Jordanie a suivi la même voie en 1994) et exerce souvent le rôle de médiateur entre Israéliens et Palestiniens à ce titre.