NAHNAH, Mahfoud

Mahfoud Nahnah est né le 27 janvier 1942 à Blida en Algérie dans une famille modeste attachée aux valeurs de l’Islam. Au lendemain de l’indépendance algérienne en 1962, il devient enseignant d’arabe dans le primaire pour rejoindre en 1966 l’Université d’Alger où il étudie la littérature arabe. A cette époque, il est en contact étroit avec des professeurs égyptiens – souvent membres des Frères Musulmans – qui sont en charge de l’arabisation et de l’islamisation de l’Algérie. Nahnah est convaincu de la nécessité d’établir un lien entre arabisme et Islam en Algérie.

En 1976, il est condamné pour désobéissance civile à une peine de 15 ans de prison (il avait scié des poteaux électriques). Libéré par grâce présidentielle après cinq ans, il entame alors une carrière politique. L’ouverture démocratique qui a suivi les émeutes de 1988 pousse la mouvance islamiste à s’organiser mais Cheikh Nahnah refuse de se lier au FIS et crée en 1990 son propre parti politique, le Hamas (acronyme arabe du « Mouvement de la société islamique ») dont il devient président.

La suspension du deuxième tour des élections législatives de 1991 donne à Mahfoud Nahnah l’occasion de se présenter comme le représentant d’un islamisme réformateur modéré.

Lors de l’élection présidentielle de novembre 1995, Nahnah recueille 25,38% des voix, arrivant en seconde position après le Général Zéroual. Il ne s’est pas présenté comme candidat aux élections législatives de 1997 et ne possède par conséquent aucun mandat électif.

Ses opérations de séduction dans les pays occidentaux font que d’aucuns voient en lui un porte-parole officieux des thèses du gouvernement algérien notamment en matière de politique étrangère.

Son habileté politique a conforté sa position dans les cercles dirigeants algériens même s’il se heurte régulièrement aux durs, les « éradicateurs » (qui refusent toute forme d’islamisme politique).

Cheikh Nahnah figure aussi parmi les membres du conseil de l’orientation de l’ »Institut européen de sciences humaines » de Château-Chinon, une école de formation d’ imams créée par l’Union des organisations islamiques de France.

Nahnah a annoncé le 21 février 1999 sa candidature aux élections présidentielles prévues pour avril 1999. Son parti l’avait déjà désigné il y a deux mois; il avait alors demandé un délai de réflexion. Alors qu’il faisait figure d’outsider, sa candidature a été rejetée par le Conseil Constitutionnel le 10 mars parce qu’il n’avait pas pu fournir l’attestation de participation à la guerre d’indépendance (1954-1962) exigé par l’article 73 de la Constitution pour les candidats à la Présidence nés avant juillet 1942.

Il décède le 19 juin 2003, suite à une longue maladie, à l’âge de 61 ans. C’est Bouguerra Soltani qui lui succédera à la tête du MSP.