NETANYAHOU, Benjamin

Petit-fils d’un rabbin lituanien émigré en Palestine en 1920, Benjamin Netanyahou est né à Tel-Aviv en 1949. Son père, Bension Netanyahou, fut un théoricien du « révisionnisme sioniste » et secrétaire de Zeev Jabotinski, idéologue de l’ultra-nationalisme juif. Il est fort marqué par la mort de son frère Jonathan lors du raid d’un commando israélien pour libérer les otages d’un avion détourné sur Entebbe par un groupe de terroristes allemands et palestiniens (1976).

Son éducation s’est faite aux Etats-Unis où sa famille s’installe dès le début des années 60. Etudiant en architecture et en administration des affaires au Massachusetts Institute of Technology, il travaille ensuite au Boston Consulting Group jusqu’en 1978. Il a à la fois les nationalités américaine et israélienne.

En 1982, il est nommé chef de mission adjoint à l’ambassade d’Israël à Washington; puis, de 1984 à 1988, représentant d’Israël aux Nations-unies.

Sa carrière politique en Israël, débute en 1988 lorsqu’il est élu à la Knesset sur la liste Likoud. Il est alors choisi comme vice-ministre des Affaires Etrangères dans le gouvernement d’union nationale Travailliste/Likoud. En 1991, il fait partie de la délégation israélienne à la Conférence de Madrid. Considéré comme « faucon », il est politiquement proche d’Yitzhak Shamir, dans le cabinet duquel il a travaillé par le passé (1991-1992), et devient président du Likoud en mars 1993 avant d’être élu Premier ministre (lors de la première élection directe pour cette fonction) le 29 mai 1996. Les modifications législatives intervenues en Israël donnent dorénavant au Premier ministre des prérogatives quasi-présidentielles et il faut une majorité des 2/3 de la Knesset pour le renverser. Lorsque cette loi a été adoptée, Netanyahou fut le seul membre du Likoud à avoir voté en sa faveur

Benjamin Netanyahou, dont la carrière politique a été financée par l’aile la plus conservatrice du lobby pro-israélien aux Etats-Unis, est en principe totalement opposé aux Accords d’Oslo. Pourtant, pendant la période où il fut Premier ministre, il les considéra comme un « fait accompli » et se déclara prêt à honorer les engagements pris. Il refusait cependant de négocier le statut de Jérusalem – négociation pourtant prévue par la Déclaration de Principes (Accord d’Oslo) – et exclait la création d’un Etat palestinien qu’il voit comme « un cheval de Troie » destiné à détruire Israël (cfr son livre « Une place au soleil »). Partisan du Grand Israël, il veut un contrôle permanent sur la « Judée-Samarie » (Cisjordanie) -« mur protecteur » contre ses voisins arabes – et l’établissement de nouvelles colonies israéliennes dans cette zone. Pour lui, « à Oslo, l’OLP a reçu la preuve que le terrorisme rapporte vraiment » et « la suite de l’application des accords d’Oslo produit l’encerclement d’Israël par une ceinture de bases terroristes ». Il serait tout au plus prêt à accepter une forme d’autonomie pour les Palestiniens telle que déjà existante dans le cadre de l’Accord Interimaire (Accord de Taba ou Oslo II), position qui hypothèque dangereusement l’avenir du processus de paix.

Lors des élections de mai 1999, Benjamin Netanyahou perdit son poste de Premier Ministre au profit d’Ehoud Barak. Suite à cette défaite, il démissionna de la direction du Likoud. Mais, en février 2001, son succésseur à la tête du Likoud, Ariel Sharon devint Premier ministre après avoir battu Ehoud Barak. Depuis, M. Netanyahou prépare dans les coulisses son retour sur la scène politique. La majorité des membres et des cadres du Likoud lui sont majoritairement acquis.

En 2002, il entre dans le cabinet d’Ariel Sharon et y remplace Shimon Pérès comme ministre des Affaires étrangères. Il devient ensuite ministre de l’Economie, ministère qu’il conserve en 2005 dans le 2e gouvernement d’Ariel Sharon. Formellement opposé au retrait israélien de la bande de Gaza, il menace de démissionner de gouvernement tant que le projet de retrait n’est pas soumis à un referendum. Il démissionne en août 2005.

Lorsque Ariel Sharon quitte le Likoud, Netanyahou brigue la présidence du parti. Il est réélu en décembre 2005. Aux élections de la Knesset en mars 2006 le Likoud arrive en troisième position après Kadima et le parti travailliste faisant de Netanyahou le leader de l’opposition.

Il est réélu à la tête du Likoud en août 2007.

En 2009, le gouvernement Olmert doit faire face à des élections législatives anticipées et Benjamin Netanyahou mène la campagne du Likoud. Tzipi Livni, à la tête de Kadima, remporte les élections en devançant d’un siège B. Netanyahou qui obtient 27 sièges à la Knesset sur 120. Néanmoins, c’est Netanyahou que Shimon Peres charge de former un gouvernement de coalition.

Ce gouvernement est le plus à droite qu’ait connu Israël puisqu’il regroupe le Likoud, Israël Beytenou, dirigé par Avigdor Lieberman, le parti ultra-orthodoxe Shas  ainsi que le parti travailliste d’Ehud Barak.

L’arrivée au pouvoir de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis marque le début de tensions entre les deux hommes sur les questions de gel des colonies et de la création d’un Etat palestinien. Le refus de B. Netanyahou de geler les colonies a empêché la poursuite du processus d’approfondissement des relations entre l’UE et Israël, bloqué depuis l’opération « Plomb durci », en juin 2009, même si le Premier ministre laisse entendre qu’il envisagerait la création d’un Etat palestinien démilitarisé à certaines conditions.