OLMERT, Ehoud

Ministre des Finances du gouvernement d’Ariel Sharon de 2003, Ehoud Olmert quitte le parti du Likoud en 2005 pour co-fonder le parti centriste Kadima. Depuis le 4 janvier 2006, il occupe le poste de Premier ministre par intérim, en remplacement d’Ariel Sharon lorsque celui-ci est hospitalisé suite à deux attaques cérébrales consécutives.

Un destin politique

Né, en 1945, à Binyamina au sud de Haïfa, dans le nord-ouest d’Israël. Il est diplômé de psychologie, de philosophie, puis de droit de l’Université hébraïque de Jérusalem.

Il sert dans l’armée israélienne en tant qu’Officier de l’unité d’infanterie, puis comme journaliste pour le quotidien de l’armée israélienne, avant d’être élu au Parlement à l’âge de 28 ans.

Ehoud Olmert vient d’une famille très active en politique. Son père Mordechaï – né en Russie et arrivé en Palestine en 1933 – a été élu à la Knesset dans les années 50 pour représenter le Hérout, parti sioniste de droite et ancêtre du Likoud.

Une carrière politique… aux côtés d’Ariel Sharon

Ehoud Olmert est élu pour la première fois à la Knesset en 1973. Il sera réélu sept fois consécutives tout en occupant des postes importants, notamment à la tête de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense.

Entre 1981 et 1988, il participe au cabinet des Finances, de l’éducation et du Budget. En 1988, il devient ministre sans portefeuille en charge des minorités de 1990 à 1992, puis ministre de la Santé de 1990 à1992.

En novembre 1993, il devient Maire de Jérusalem, fonction qu’il occupera pendant dix ans. Olmert est le premier membre du Likoud à obtenir une telle position. Lors de ses deux mandats consécutifs, il investit des ressources substantielles dans l’éducation et dans le développement des infrastructures.

En 2003, il est appelé auprès d’Ariel Sharon lorsque celui-ci est réélu à la tête du gouvernement. Il devient aussitôt son vice-Premier ministre ainsi que son confident. Olmert s’avérera un membre influent du Cabinet. Il sera également l’un des premiers à préconiser un retrait de la bande de Gaza, un projet finalement approuvée par le Premier ministre et institutionnalisé sous le terme de « plan de désengagement ».

M. Olmert est le premier haut responsable israélien à réclamer un retrait unilatéral israélien d’une grande partie des territoires palestiniens occupés. Il estime que compte tenu du taux élevé de natalité du côté arabe, Israël n’a pas d’autre choix que d’accepter un Etat palestinien à ses côtés s’il « veut préserver son caractère juif et démocratique ».

En août 2005, le ministre Benjamin Netanyahu remet sa démission afin de dénoncer le plan de retrait de Gaza qu’il juge «aveugle dans le temps». Olmert le remplace au poste de Ministre des Finances.

Après la décision d’Ariel Sharon de quitter le parti du Likoud en novembre 2005, Olmert se joint à celui-ci, avec d’autres anciens membres du Likoud, pour former le nouveau parti centriste Kadima.

Le 5 Janvier 2006, au lendemain de l’hospitalisation d’Ariel Sharon, Olmert est nommé Premier ministre par intérim, fonction qu’il assume en plus de celle de ministre des Finances.

Le 28 mars 2006 ont lieu les élections législatives israéliennes. Le parti Kadima arrive en tête avec 28 sièges à la Knesset sur 120. Une vingtaine de jours auparavant, il avait annoncé son plan pour déterminer de façon unilatérale les frontières d’Israël. Baptisé «plan de convergence», ce projet prévoit l’évacuation des colonies isolées et le tracé des nouvelles frontières d’Israël avant 2010. Le plan confirme les craintes des Palestiniens qui redoutaient que l’approche unilatérale suivie par Ariel Sharon, lors du retrait de Gaza en 2005, n’aboutisse à l’abandon de la voie de la négociation.

Un mois plus tard les tensions montent entre Israël et le Hamas au niveau de la Bande de Gaza. Peu après des tirs de roquettes venant des positions du Hezbollah au Sud Liban poussent Olmert à riposter par la manière forte. Un conflit d’un mois est entamé et aura des conséquences néfastes pour le gouvernement d’Ehud Olmert.

L’année suivante le Premier Ministre israélien voit sa légitimité ébranlée à la fois par les reproches concernant sa mauvaise gestion de la guerre contre le Hezbollah (révélée par le rapport intérimaire de la Commission Winograd) mais aussi du fait de son implication dans certaines affaires de corruption. Une majorité de la population israélienne souhaite sa démission, mais Olmert refuse de quitter sa fonction.

Le 27 novembre 2007 se déroule la conférence d’Annapolis destinée à relancer le processus de paix israélo-palestinien. La conférence a eu le mérite de regrouper pour la première fois l’ensemble des dirigeants arabes autour de la table. Les relations avec Israël ne furent pas normaliséEs pour autant. Le manque de legitimité du gouvenrment Olmert pèse sur le bon déroulement des négociations.

En mai 2008 Olmert trempe à nouveau dans des histoires de corruption et est sujet à une nouvelle enquête. Olmert aurait bénéficié d’aides financières d’un entrepreneur américain Morris Talsky alors qu’il faisait campagne pour devenir maire de Jérusalem et qu’il visait la présidence du Likoud. L’américain a avoué avoir versé au total plus de 100 000 dollars en liquide pendant une quinzaine d’années.

Pour sa défense, Olmert énonce publiquement :  » Je n’ai jamais pris de pots-de-vin, je n’ai jamais pris un centime pour moi même. J’ai été élu par vous, citoyens d’Israël pour être Premier ministre et je n’ai pas l’intention de dérober à cette responsabilité ».

Pourtant cette énième accusation de corruption rend l’homme plus impopulaire qu’il n’a jamais été. Lorsqu’à l’issue du sommet pour l’Union pour la Méditerranée le Premier ministre déclare n’avoir jamais été aussi prêt d’un accord de paix avec la Palestine, la presse pose un regard ironique sur ses promesses de paix. Ehud Olmert n’a plus aucune légitimité à s’exprimer sur la question comme il l’a fait au sommet, il ne trouve plus grâce auprès du peuple israélien.

Trois semaines plus tard, le 30 juillet 2008 Olmert déclare qu’il ne contestera pas les élections primaires de Kadima en Septembre et qu’il quittera son poste une fois un nouveau président élu. Dans son discours de démission, il évoque l’affaire de corruption dont il fait l’objet et se dit « fier d’être citoyen d’un pays où un Premier ministre peut faire l’objet d’une enquête comme tout autre citoyen ».

L’annonce de ce retrait permet à la ministre des Affaires étrangères Tizpi Livni de briguer la place de Premier ministre.