RABIN, Yithzak

Homme politique israélien né en 1922 à Jérusalem d’un père d’origine ukrainienne et d’une mère d’origine russe qui a tenu une place importante dans le mouvement travailliste juif en Palestine. Après une formation agricole au lycée Kedourie (Galilée), il rejoint le Palmah, unité d’élite de la Hagannah, en 1940.

En 1941, Rabin fait partie d’une unité de commando mobilisée par l’armée britannique dans son invasion de la Syrie et en 1945 commande le premier bataillon du Palmah. Il sera interné à deux reprises par les autorités mandataires. Durant la guerre de 1948, il combat à Jérusalem et dans le Néguev. Membre de la délégation israélienne qui négocie à Rhodes l’accord d’armistice avec l’Egypte en 1949, il gravit tous les échelons de l’appareil militaire, et devient ensuite chef d’état-major de l’armée en 1964.

Commandant l’armée israélienne durant la Guerre des Six Jours, il en est le maître d’oeuvre avec Moshé Dayan, Ministre de la Défense. Il est ensuite nommé Ambassadeur à Washington en 1968.

A son retour en 1973 il est appelé à prendre la direction du Parti Travailliste. Nommé Premier Ministre en juin 1974, il sera le dernier chef du gouvernement travailliste avant l’arrivée du Likoud au pouvoir en 1977, démissionnant à la suite du scandale provoqué par la découverte du compte en devises que son épouse aurait conservé aux Etats-Unis, en infraction avec la législation israélienne de l’époque.

Il revient au pouvoir de 1984 à 1990 comme Ministre de la Défense dans le premier gouvernement d’union nationale avec le Likoud. Lui qui avait approuvé les méthodes d’Ariel Sharon lors de l’invasion du Liban en 1982, il conduira en 1985 le retrait de Tsahal de ce qui s’apparente de plus en plus à un Viet-nam israélien. Avec l’éclatement de l’Intifada en décembre 1987, le militaire l’emporte sur le politique. Après avoir déclaré « il faut leur briser les os », il donnera à l’armée consigne d’ouvrir le feu sur les manifestants lanceurs de pierre et de cocktails molotov. Néanmoins pragmatique et réaliste il déclarera plus tard : « Je suis arrivé à la conclusion que la force, à elle seule, était incapable de résoudre le problème palestinien. Il y a toute une population qui ne veut pas de nous ».

En 1992 il succède à Shimon Peres à la tête du Parti Travailliste et emporte les élections législatives de juin de la même année. A ce titre, il est nommé Premier Ministre et Ministre de la Défense du nouveau gouvernement dirigé par les Travaillistes. En septembre 1993, il signe avec Yasser Arafat la Déclaration de Principes (voir « processus de paix d’Oslo ») – supposée devenir la pierre d’angle d’une paix durable au Proche-Orient – et échange avec lui des lettres de reconnaissance mutuelle entre l’Etat d’Israël et l’OLP.

Parallèlement à une implémentation lente des accords israélo-palestiniens – d’après Rabin, « il n’y a pas de dates sacrées » -, les négociations menées par son gouvernement avec la Jordanie aboutirent en octobre 1994 à la signature d’un traité de paix historique entre les deux pays. En décembre, il partage le Prix Nobel de la Paix avec Peres et Arafat.

En Israël même, dans le cadre de ses négociations avec les Palestiniens, Rabin doit faire face aux scepticismes et oppositions de tout bord, non seulement de la part de la classe politique – Likoud et droite ultra-nationaliste et religieuse – mais aussi d’une frange grandissante de la population israélienne.

La violence de l’opposition manifestée par certains mouvements à l’égard du Premier Ministre touve son paroxysme dans des appels au meurtre lancés par quelques rabbins. Rabin est assassiné le 4 novembre 1995 à Tel-Aviv par Yigal Amir, un activiste d’extrême-droite.