SLEIMAN, Michel

Commandant en chef de l’armée libanaise, le général Michel Sleimane (ou Souleïmane) a été désigné et approuvé par l’ensemble des formations politiques libanaises pour succéder à Emile Lahoud à la présidence du Liban.

Né le 21 novembre 1948 dans la commune d’Amshit, au Nord de Byblos dans la région du Mont Liban, Michel Sleimane est militaire de carrière et père de trois enfants. Il effectue d’abord des études de Sciences Politiques et Administratives à l’université libanaise. Ayant obtenu le diplôme de l’Académie militaire en 1970, il suivra ensuite diverses formations en Belgique, France et aux Etats-Unis. Il poursuit ainsi sa carrière dans l’armée jusqu’à être nommé Commandant en chef de l’armée en 1998 par le président sortant Emile Lahoud.

Malgré cette investiture dictée par Damas, Michel Sleimane a réussi à se faire apprécier par l’ensemble du peuple libanais. Il exerce en effet sa haute fonction militaire avec une certaine diplomatie. Il parvient ainsi à conserver la neutralité et l’unité de l’armée dans des périodes critiques comme le retrait des troupes syriennes en 2005 ou encore les affrontements entre sunnites pro-majorité et chiites pro-opposition au début de l’année 2007. De plus, malgré le peu de moyens dont elle dispose, l’armée a pris position dans tout le Sud Liban, et a également vaincu en septembre 2007 le groupuscule terroriste Fatah el Islam qui avait pris en otage le camp de réfugiés palestiniens de Nahr el Bared.

Grâce à lui l’armée jouit donc d’une bonne réputation et semble le seul espace libanais où demeure l’unité confessionelle. Tous les camps ont donc dû accepté la candidature du Général Sleimane malgré les petits griefs que lui retiennent les uns et les autres.

La majorité anti-syrienne pourrait lui reprocher d’être à la solde de la Syrie car ayant d’une part reçu sa fonction d’Emile Lahoud, il a également déclaré suite à la victoire de Nahr el Bared que le Fatah el Islam n’était pas à la solde de la Syrie, comme le prétendait le groupe du 14 mars. Le Hezbollah soutenait quant à lui la candidature d’un autre général, Michel Aoun, mais a néanmoins finalement apporté son soutien à la candidature de Sleimane. Celui-ci a en effet eu l’intelligence d’un jour déclarer à propos du parti d’Hassan Nasrallah : « Nous avons besoin d’eux ».

Afin qu’un commandant en chef de l’armée soit directement nommé président, un amendement de la constitution est nécessaire. Les différentes tendances ont accepté cette disposition mais d’autres exigences bloquent encore la nomination du général à la Présidence.

Le 12 décembre 2007, le général François el Hajj a été assassiné. Il était pressenti pour succéder à Sleimane au Commandement de l’armée libanaise. Cet attentat est le premier qui touche un personnage en vue de l’armée, généralement considérée comme neutre. Il a été interprété comme un avertissement en cas de nomination de Michel Sleimane à la Présidence.

Candidat du consensus depuis maintenant plus d’un mois – il a été désigné fin novembre 2007 -, la nomination du général à la présidence a été reportée pour la douzième fois. La prochaine tentative aura lieu le 12 janvier 2008. Le leader chiite Hassan Nasrallah vient de déclarer que l’opposition ferait dépendre son vote de l’obtention d’un droit de veto au Parlement.

Le 25 mai 2008, lors d’une séance parlementaire convoquée par le président du Parlement Nabih Berri, Sleiman a été élu avec 118 voix par le Parlement libanais, il est le troisième commandant à accéder à la présidence libanaise.