YOUSSOUFI, Abderrahman

Abderrahmane Youssoufi est né à Tanger le 8 mars 1924. Le berbère et le français étant les langues utilisées dans sa famille, c’est à l’école qu’il apprend l’arabe. Diplômé d’Etudes Supérieures de Droit Public et de Sciences Politiques, c’est une grande figure du mouvement indépendantiste au Maroc. Il débute son activité politique en 1943 avec son adhésion au parti de l’Istiqlal et en organisant la classe ouvrière. Il participe à la création et à la direction du Mouvement de Résistance et de l’Armée de Libération (1953-1956).

En 1959, il contribue à la constitution du parti de gauche, l’Union Nationale des Forces Populaires (UNFP) qui, en 1975, devient l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP). Suite à l’enlèvement et la disparition de Mehdi Ben Barka, fondateur de l’UNFP, dont il partageait les idées, il vit en exil de 1965 à 1980 et se consacre à la défense des droits de l’homme, notamment dans le monde arabe. Il fait partie de certaines ONG comme l’Union des Avocats Arabes et participe à la création de l’Organisation Arabe des Droits de l’Homme, SOS Torture, l’Institut Arabe des Droits de l’Homme et l’Organisation Marocaine des Droits de l’Homme. Il est également vice-Président du Comité Spécial des ONG pour les droits de l’homme.

Membre du bureau politique de l’USFP depuis 1978, il en devient le premier Secrétaire après le décès d’Abderrahim Bouabid. Démissionnaire en septembre 1993, il reprend ses fonctions en 1995.

Nommé Premier Ministre du Maroc par le roi Hassan II le 4 février 1998, il parvient à former quarante jours plus tard, un gouvernement « d’alternance », constitué pour plus de la moitié (22 sur 41) de ministres de la « Kutla », le regroupement des partis d’opposition. Malgré le maintien dans ces fonctions de Driss Basri, le tout puissant ministre de l’Intérieur depuis 1979, Abderrahmane Youssoufi fait faire au Maroc de grand progrès en matière de respect des Droits de l’Homme. Après la mort de son père, le nouveau roi Mohammed VI confirme Youssoufi dans ses fonctions tandis que quelques mois plus tard, le 9 octobre, Driss Basri est finalement congédié par le roi, indication que la tendance incarnée par Abderahmane Youssoufi l’emporte à la tête de l’Etat marocain.

Après les dernières élections législatives de 2002, le roi du Maroc Mohammed VI a nommé, Driss Jettou, ancien ministre de l’intérieur, à la tête du gouvernement.