Annapolis : description et enjeux de la conférence

Le mardi 27 novembre 2007, la conférence d’Annapolis rassemble les délégations israélienne et palestinienne dans l’Académie Navale Américaine située la petite ville du Maryland, et cela afin de jeter les bases d’une négociation pour un accord de paix final et la constitution d’un Etat Palestinien.

Une cinquantaine d’Etats (Israël, Autorité palestinienne, les membres permanents du Conseil de sécurité, les pays arabes et une flopée d’autres nations) et d’organisations (les Nations unies, la Ligue arabe, l’Union européenne…) y participeront.

L’hôte et instigateur de la conférence sont les Etats-Unis.

La veille de la séance plénière, le lundi, une rencontre tripartie entre Mahmoud Abbas, Ehud Olmert et le Président Bush a eu lieu, ainsi qu’une première réunion informelle de toutes les délégations lors d’un dîner organisé par la Secrétaire d’Etat Condoleeza Rice.

Qu’attend-t-on de cette conférence de paix ?

En réalité, les spécialistes s’accordent pour dire que cette conférence ne mènera pas à grand-chose. Pour preuve, les blocages survenus lors même de sa préparation.

– Tout d’abord, tous les Etats arabes étaient invités à la conférence mais peu semblaient enthousiastes à l’idée de s’y rendre. Suite à une réunion de la Ligue arabe les jeudi et vendredi précédents la conférence, ils se sont finalement accordés pour envoyer un représentant au niveau ministériel. La Syrie n’a accepté de faire le déplacement qu’à condition que le problème du Golan soit également abordé durant la conférence, ce qui a été accepté par Israël et les Etats-Unis. Tandis que l’Arabie Saoudite ne s’y rend que pour soutenir le consensus arabe.

– Ensuite, malgré les efforts déployés par Condoleeza Rice pour concilier les deux camps, Israéliens et Palestiniens ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur une base de négociation commune. Mahmoud Abbas voudrait fixer un date butoir début 2009 correspondant à la fin du mandat de G.W. Bush pour la création d’un Etat palestinien, tandis qu’Ehud Olmert n’est d’accord de signer un accord de principe sur la création d’un Etat palestinien ainsi que sur les problèmes clés s’y rattachant (Jérusalem, frontières, réfugiés) que si les Palestiniens peuvent garantir la sécurité d’Israël.

On peut ajouter à ces a priori négatifs, le peu de crédibilité dont jouissent actuellement les Etats-Unis de G.W. Bush dans la région moyen-orientale, ainsi que les problèmes que rencontrent actuellement le gouvernement de Mahmoud Abbas (sécession du Hamas à Gaza) et celui de Ehud Olmert (discrédité par la mauvaise gestion de la guerre contre le Liban et des affaires de corruption) dans leurs propres pays.

Quelles sont les conséquences en cas d’échec ?

Un échec des négociations à Annapolis aurait de graves conséquences. En effet fragiliserait encore plus les gouvernements israélien et palestinien. Le Hamas en ressortirait renforcé, et son pouvoir pourrait alors s’étendre sur tout le territoire palestinien. Une telle situation entraînerait alors presque assurément une nouvelle crise régionale.