Immigration juive (en Israël et dans les Territoires occupés)

Les faits:

Les deux premières vagues d’immigration juive en Palestine – Aliyah (montée) en hébreu – ont eu lieu de 1881 à 1916 et provenaient de Pologne et de Russie. Le nombre de Juifs résidant en Palestine est alors passé de 24.000 à 55.000 environ.

De 1917 à 1925, suite à la déclaration Balfour et au mandat britannique, 97.000 nouveaux immigrants sont arrivés, essentiellement des mêmes régions.

De 1926 à 1928, l’immigration nette fut négative, le nombre de partants dépassant le nombre des nouveaux arrivants.

De 1929 à 1939, une immigration croissante fit entrer en Palestine près de 250.000 Juifs polonais, allemands et d’autres origines européennes.

De 1939 à 1948, cette immigration, importante, fut en grande partie clandestine et donc difficile à chiffrer.

De 1948, année de la création d’Israël, à 1988, 1.850.000 Juifs sont entrés dans le pays, dont 445.000 provenant de pays arabes. Les chiffres d’immigrants ont fluctué annuellement d’un maximum de 240.000 en 1949 à un minimum de 10.347 en 1953, puis sont devenus pratiquement nuls de 1982 à 1988.

1989 a marqué, avec plus de 13.000 arrivées, la reprise de l’immigration, provenant surtout d’Union soviétique.

En 1990, suite à l’ouverture des frontières soviétiques et à l’effondrement de l’Europe de l’Est, 200.000 nouveaux immigrants sont entrés en Israël en douze mois seulement. Selon un rapport du Département d’Etat américain publié en mars 1991, 8.830 émigrants soviétiques arrivés depuis 1989 se sont installés dans les Territoires Occupés.

Pour les six premiers mois de 1991, selon le département de l’immigration de l’Agence Juive, 100.000 personnes ont immigré en Israël, dont 78.000 d’Union Soviétique, 14.000 d’Ethiopie et 8.000 d’autres pays, de l’Est pour l’essentiel.

Commentaire:

Alors que fin 1989 moins de 15% des Juifs quittant l’URSS se rendaient en Israël, ils y ont été pratiquement obligés de janvier 1990 à juillet 1991, suite à un accord entre Israël et l’URSS, en vertu duquel ces émigrants rendaient leur passeport avant de quitter leur pays, ce qui a eu pour conséquence de les priver de nationalité. Ils recevaient alors un document de voyage israélien, valable uniquement en Israël. Sauf exception, tout passeport leur est refusé avant cinq années de séjour dans ce pays, les empêchant éventuellement de le quitter durant cette période. Cette procédure faisait suite à la réouverture des consulats israéliens en URSS: les Pays-Bas, qui y représentaient les intérêts d’Israel refusaient quant à eux d’appliquer une telle mesure contraire aux accords d’Helsinki. Ceci a changé le 1er juillet 1991 avec l’introduction de la nouvelle loi soviétique sur les passeports qui facilite les déplacements à l’étranger. En définitive, de 1989 à 2000, près d’un million de Juifs ex-soviétiques se sont installés en Israël. Ils sont entretemps devenus une force politique et un électorat déterminants, bien que très conservateurs. Si 40% d’entre eux votent pour des partis  » traditionnels « , les autres portent leurs voix sur des listes présentées par des partis  » sectoriels « , comme Yisra’el Ba-Aliya ( » Israël par l’Immigration « , droite, Nathan Sharansky) et Yisra’el Beiteinu ( » Israël Notre Foyer « , extrême droite, Avigdor Liberman). En août 2000, une dissidence de centre-gauche s’est crée autour du Parti travailliste, Behira Demokratit ( » Choix Démocratique « , centre-gauche).