Initiative de paix arabe

Proposée par S.A Royale le Prince saoudien Abdallah bin Abdul-Aziz, l’Initiative de paix arabe est adoptée par la Ligue Arabe au sommet de Beyrouth le 28 mars 2002 (Résolution n°221). Elle est ensuite réactivée à l’unanimité par le sommet de Riyad cinq ans plus tard.

Les pays arabes proposent la paix et la normalisation de leurs relations avec l’Etat hébreu en contrepartie d’un retour aux frontières du 4 juin 1967, y compris le territoire du Golan. Ils demandent l’application des Résolutions 242 et 338 du Conseil de Sécurité par Israël, ainsi que la création d’un Etat palestinien ayant Jérusalem Est comme capitale et une solution au problème des réfugiés palestiniens (selon la Résolution 194 du Conseil de Sécurité). Cette initiative se base sur deux principes : celui de « Terre contre Paix », et celui selon lequel la paix et la sécurité ne pourront être atteintes par les armes.

Réactions israéliennes

En 2002, les réactions israéliennes avaient été très limitées. Ariel Sharon ne s’était exprimé que le 8 avril devant la Knesset pour souligner les éléments positifs de la proposition et s’était dit prêt à négocier qu’avec des dirigeants arabes responsables. Seuls quelques personnalités de gauche, comme Motti Steinberg – alors principal analyste du Shin Beth – estimaient qu’Israël devait saisir cette occasion. Par ailleurs, cette proposition coincidait avec un attentat suicide revendiqué par le Hamas soldé par 29 civils morts à Netanyah.

Les autorités israéliennes semblent plus enthousiastes face à la réactivation de l’Initiative de paix arabe en mars 2007, mais ne le sont pas assez que pour que des négociations soient programmées sur cette base. Le point le plus controversé est celui de l’application de la Résolution 194 du Conseil de Sécurité. Une rencontre a néanmoins lieu entre une délégation de la Ligue arabe (composée des Ministres des Affaires Etrangères d’Egypte et de Jordanie) et la Ministre des Affaires Etrangères israéliennes Tzipi Livni en juillet, ce qui en soit constitue déjà un grand pas.

Réactions internationales

Invité au sommet de Riyad de mars 2007, le nouveau Secrétaire Général de l’ONU Ban-Ki Moon a affirmé que ce sommet était le plus important de ces dernières années. Il a également utilisé son influence pour encourager Israéliens et Arabes à négocier.

L’Initiative de paix arabe est également mentionnée lors de la déclaration finale de la conférence d’Annapolis en novembre 2007. Le Président G.W. Bush appuye le rôle que les Etats arabes doivent jouer dans la relance du processus de paix, et les félicitent déjà pour la réactivation de leur Initiative de Paix ainsi que pour leur présence à tous au sein de la conférence.

Tout comme l’israélien Motti Steinberg, beaucoup d’analystes régionaux estiment qu’Israël a laissé passé une chance en n’acceptant pas l’Initiative de paix arabe. Le blocage repose dans le fait que les Etats arabes l’ont présentée comme une offre non négociable, tandis qu’Israël ne l’envisage que comme une un premier pas vers des négociations. Les parties concernant le statut de Jérusalem ou celui des réfugiés palestiniens sont en encore loin d’être acceptées telles quelles par Israël.