Palestiniens au Liban

La présence palestinienne au Liban remonte aux exodes de 1948 et de 1967 et a été renforcée par un flux de Palestiniens venant de Jordanie suite aux événements de « septembre noir » en 1970. Un certain nombre Palestiniens ont fui le Liban durant la guerre civile (1976-1990).
En 1952, on estimait la population palestinienne au Liban à 140.000 individus (10% de la population). Les difficultés économiques et la réalité socio-culturelle particulière du Liban – un équilibre confessionnel fragile entre Musulmans et Chrétiens, institutionnalisé à l’avantage de ces derniers – excluait la naturalisation de cette population nombreuse, à dominante musulmane de surcroît. Ainsi, les Palestiniens du Liban se sont vus, au début, marginalisés économiquement et privés de droits politiques.
L’Accord du Caire conclu en 1969 entre l’OLP et le gouvernement libanais – poussé par les autres pays arabes – pose les bases du développement d’institutions palestiniennes séparées. Parallèlement à l’affaiblissement du système politique libanais, se développe ainsi, au grand dam de l’élite chrétienne, les germes de ce qu’on peut appeler un véritable « Etat-OLP » au Liban.
Cette autonomie de fait de plus en plus grande – qui concerne également les opérations militaires palestiniennes contre Israël – amène l’armée israélienne à multiplier en 1976 ses attaques sur le Liban, le gouvernement israélien voulant ainsi forcer le gouvernement libanais à désarmer les groupes palestiniens. Une partie de la population libanaise musulmane – lassée par la mainmise chrétienne sur l’appareil étatique et première victime d’une situation économique déplorable – prend alors fait et cause pour les Palestiniens. Ces derniers deviennent de fait des acteurs de la guerre civile qui débute en 1976. Les interventions israéliennes successives au Liban, en particulier en 1978 et 1982 font refluer une partie de la population palestinienne du sud-Liban vers Beyrouth et le nord du pays.
Depuis le départ de l’OLP de Beyrouth en 1982, l’influence des groupes politiques et militaires palestiniens est moindre, concerne en grande partie des groupes plus radicaux que le courant général de l’OLP et est largement circonscrite aux camps de réfugiés, .
Actuellement, le statut accordé aux Palestiniens par le gouvernement libanais varie selon les circonstances légales de leur venue et de leur établissement:
il y a ceux qui, installés suite à l’exode de 1948, ont été comptabilisé dans le recensement de l’UNWRA dans les années 50′. Ils sont enregistrés par l’Etat libanais et reçoivent des papiers justificatifs qui leur permettent de voyager hors du Liban.
il y a ceux qui, suite au même exode, n’ont pas été comptabilisés dans ce recensement. Leur situation a été régularisée par l’Etat libanais en 1969. Ils ne figurent toutefois pas dans les registres de l’UNWRA.
Enfin, les Palestiniens réfugiés de 1967 ne sont reconnus ni par l’UNWRA, ni par l’Etat libanais qui considère leur présence illégale.
Il est difficile d’évaluer avec précision le nombre de Palestiniens présents actuellement au Liban. Pour les autorités libanaises, d’après le dernier recensement, en 1992, il y en a 317.376. D’après les statistiques de l’UNWRA de 1995, il y a 370,000 réfugiés palestiniens au Liban dont 52% vivent dans des camps.
Un nombre non-négligeable de Palestiniens vivant au Liban de longue date ont acquis la nationalité libanaise, mais leur nombre – vraisemblablement supérieur à 10.000 – est difficile à préciser.
Dans la perspective d’un statut final pour les territoires palestiniens et d’une solution au problème des réfugiés (voir « processus de paix d’Oslo »), il est évident que le Liban est le pays arabe qui insiste le plus sur leur droit au retour. De même, vu les conditions extrêmement critiques dans lesquelles la législation libanaise les contraint de vivre, ces réfugiés sont les plus demandeurs d’un droit au retour. Mais, comme la plupart sont originaires de Galilée (un territoire israélien toujours à majorité arabe), Israël ne veut pas en entendre parler. Certains diplomates tablent sur un encouragement à émigrer vers le Canada ou l’Australie.