Pressions exercées sur Israël par le monde occidental

a) Historiquement, les premières pressions exercées sur Israël l’ont été par les Etats-Unis en 1953 et 1956-57 sous la Présidence d’Eisenhower. En septembre 1953, celui-ci décide la suspension de l’aide américaine à Israël – 26 millions de $ – jusqu’à ce qu’Israël cesse les travaux de détournement des eaux du Jourdain. Moins de deux mois plus tard, ces travaux étaient abandonnés. Nouvelle crise en 1956 lorsqu’Israël attaque l’Egypte, avec les Britanniques et les Français. L’aide américaine est bloquée pour obtenir la fin des combats, puis, début 1957, Eisenhower déclare à la télévision à propos d’Israël: « Si nous admettons que par une attaque armée les assaillants puissent vraiment atteindre leur objectif, je crois que nous portons un coup sérieux aux principes de l’ordre international ». La pression américaine aboutit au retrait sans condition de l’armée israélienne du Sinaï.

b) En 1967, suite à la guerre israélo-arabe, la France met fin à ses livraisons d’armes et à sa coopération militaire avec Israël.

c) En 1981, l’administration Reagan, fort irritée par l’annexion du Golan syrien par Israël, décide la suspension momentanée du mémorandum de coopération startégique avec Israël. La livraison de 75 avions F-16 et de matériel informatique à usage militaire est ajournée et Israël est privé d’accès aux bases aériennes américaines.

d) Du côté européen, la toute première pression concertée remonte à juin 1982. Du fait de l’invasion du Liban, le Conseil des Ministres européens décide le 9 juin de reporter la signature du nouveau protocole financier CEE-Israël jusqu’au moment où les troupes de ce pays se retireraient du Liban. Mais il a suffi qu’Israël annonce l’ouverture de négociations avec le gouvernement libanais pour que l’Europe supprime cette pression.

e) En 1988, c’est le Parlement Européen qui exerçe pendant 10 mois des pressions sur Israël en refusant d’approuver les trois nouveaux protocoles entre la CEE et Israël jusqu’à ce que ce pays permette les exportations palestiniennes vers l’Europe où elles bénéficient, théoriquement depuis 1986, d’un droit d’accès préférentiel. Israël autorise finalement le transit de ces exportations directes le 10 octobre et obtient ainsi deux jours plus tard l’avis conforme du Parlement sur l’entrée en vigueur de ces protocoles.

f) En janvier 1990, la Commission des Communautés européennes décide le gel partiel de la coopération scientifique avec Israël jusqu’à la réouverture complète et durable du système d’enseignement palestinien des Territoires Occupés. Cette pression avait été demandée par le Parlement Européen le 18 janvier 1990.

g) En 1991, l’administration Bush n’a obtenu la participation du gouvernement Shamir aux négociations de Madrid qu’en menaçant de ne pas lui accorder une garantie de 10 milliards de dollars pour l’intégration des Juifs originaires d’Union Soviétique.

h) Dans la foulée du processus de paix initié à Oslo en 1993, l’Union Européenne lance à Barcelone en 1995 son idée de Partenariat euro-méditerranéen qui vise la création d’une zone de stabilité politique et de prospérité économique en Méditerranée. Malgré les espoirs de relance suite à la signature de l’accord de Wye River, le processus de paix restait dans une impasse persistante depuis mai 1996. Nombreux sont ceux qui s’accordaient à dire que le gouvernement Netanyahou (1996-1999), par son intransigeance et sa mauvaise foi, était largement responsable de cette situation. C’est pourquoi les Commissions des Affaires Etrangères des Parlements français et belge estimaient inopportun de considérer la ratification du nouvel accord Euro-Méditerranéen d’Association avec Israël bien que cette ratification leur ait été demandée à plusieurs reprises. C’est là un premier signal mais très largement symbolique puisqu’un accord intérimaire permet la mise en oeuvre anticipée de l’essentiel de ce texte. L’arrivée au pouvoir d’Ariel Sharon n’a pas arrangé la situation. Manifestement excédée par l’accueil désagréable réservé à une délégation européenne présidée par la Belgique et le Président de la Commission Romano Prodi, la Commission décidait, fin novembre 2001, de publier un avis avertissant les importateurs de produits israéliens que les produits  » made in Israel  » manufacturés hors du territoire israélien proprement dit (c’est-à-dire les territoires occupés) ne seraient plus détaxés. Dans le même temps, les produits palestiniens, visés également par un accord d’association, sont interdits d’exportation du fait des bouclages israéliens et des tracasseries douanières et fiscales imposées par les autorités militaires et portuaires israéliennes. Cette mesure de la Commission, qualifiée de « technique » et ne nécessitant donc pas un aval du Conseil européen, est condiérée par tous les observateurs comme une forme de rétorsion et de pression.