Projet Aladin

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La Fondation pour la Mémoire de la Shoah a lancé le projet Aladin à l’UNESCO, projet Parrainé par la Fondation Jacques Chirac. Ce projet part d’une constatation de plus en plus visible : le négationnisme connaît un regain d’intensité en Europe mais aussi dans le Monde arabe. Le Projet Aladin traduira en arabe, en persan et en turc, des informations objectives sur la Shoah, les relations judéo-musulmanes et la culture juive et ce, dans un objectif de prévention des conflits, de défense des langues et de la diversité et de dialogue des cultures.

Ce projet s’articule autour d’une bibliothèque Aladin, regroupant sur son site internet des livres traduits en arabe, turc et persan d’un site internet  informatif en 5 langues présentant la Shoah (« Shoah, un appel à la conscience »), la culture juive et l’histoire des relations entre Musulmans et Juifs  et d’une université d’été afin d’empêcher le développement de conflits.

Le comité de conscience du projet Aladin se compose de plus de 200 personnalités du Monde arabo-musulman. Par ailleurs, des personnalités européennes soutiennent le projet (personnalités parmi lesquelles M. Abdoulaye Wade, Président du Sénégal et Président de l’Organisation de la Conférence islamique,M. Jacques Chirac, ancien Président de la République française, Président de la Fondation Chirac, M. Ely Ould Mohamed Vall, ancien Chef d’Etat de Mauritanie, membre du Comité d’honneur de la Fondation Chirac, M. Abdurrahman Wahid, ancien  Président  de  la  République  d’Indonésie,  Président  de  la  Wahid  Foundation, M. Koïchiro Matsuura, Directeur  général  de  l’Organisation  des Nations  Unies  pour  l’éducation,  la science et la culture, Mme Simone Veil, Présidente d’honneur de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, M. David de Rothschild, Président de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, Mme Catherine Colonna, Ambassadrice, Déléguée permanente de la France auprès de l’UNESCO, M. Jacques Andréani, ancien Ambassadeur de France et Président du Comité de Conscience du Projet  Aladin.)

La Bibliothèque numérique « Aladin »

La bibliothèque numérique permet au public parlant arabe et perse de lire gratuitement des ouvrages liés à la Shoah. Le site de la bibliothèque explique qu’elle agit dans une optique de « connaissance mutuelle entre les peuples de différentes cultures, de promotion d’un climat de tolérance et d’amitié à travers un dialogue interculturel, et de rejet des conflits de mémoire et du négationnisme ». La bibliothèque est aussi engagée dans la création d’ un réseau d’organisations non-gouvernementales, d’institutions internationales et d’éditeurs privés en Europe et dans le monde arabo-musulman afin de fournir des informations multilingues, fiables et facilement accessibles sur Internet.

Le Comité scientifique de la bibliothèque est présidé par l’Ambassadeur Jacques Andréani. Ce comité regroupe des professionnels ayant une expertise en histoire, politique, littérature, culture, sciences sociales et  monde de l’édition. Ces derniers sélectionnent des livres sur la base de la conviction que la connaissance est le « fondement de la coexistence pacifique et harmonieuse ». Une question définit le critère du choix des livres: « Que sait un musulman de l’histoire des juifs et du judaïsme et, réciproquement, quelles sont les informations qu’un citoyen européen juif ou chrétien possède des cultures musulmanes et de la foi islamique? »

Le site internet du projet Aladin- « Shoah, un appel à la conscience »

La démarche même du site y est exposée : pour les promoteurs du projet, il s’agit de montrer que « La Shoah (doit cesser) cesser d’être une histoire « d’eux et pas de nous » pour devenir une histoire commune appartenant à toute l’humanité : une histoire que musulmans et non musulmans doivent étudier et dont nous devons tous tirer les leçons. »

Dans l’ « appel à la conscience » l’indépendance du projet est rappelée. Est exposée également la légitimité sur laquelle s’appuie la démarche en rappelant que « Juifs et Musulmans, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, ont vécu ensemble pendant des siècles »  et que « Les premiers stéréotypes antijuifs sont apparus, dans le monde musulman, au XIXe siècle, lors de la conquête du monde musulman par les puissances coloniales européennes » et en concluant que « (Nous) pensons que la Shoah,  catastrophe  sans précédent, transcende toutes les divisions politiques, religieuses, ethniques et culturelles. (Nous) en appelons à tous les hommes et toutes les femmes de conscience dans le monde pour qu’ils apportent leur soutien à ce projet de vérité. »

Le site s’articule autour de rubriques informatives telles que « Pourquoi ce site internet ? », « Musulmans et Juifs », « Histoire de la Shoah », « Les enfants et la Shoah », « L’Histoire en documents », « Le négationnisme », « Guide du Judaïsme pour les Musulmans » mais aussi autour de rubriques plus interactives comme « opinions » avec des articles d’intellectuels du Monde arabe notamment, « Tribunes » qui présentent des éditos de personnalités, « Chroniques » qui répertorie les événements à venir liés à la question, ou encore « Focus » directement lié à l’actualité du projet Aladin. Le site propose en outre des interviews de victimes de la Shoah dans « Voix et visages », « 40 questions/réponses » sur les Juifs et le judaïsme, « Le Monde et la Shoah », « Essais et articles » et « La revue de presse ».

Il s’agit donc d’un site internet extrêmement complet et pédagogue s’adressant en priorité aux Musulmans et ce via des personnalités issues de ce Monde musulman et replaçant la Shoah dans son cadre historique et politique tout en faisant le lien avec l’actualité.

Une initiative saluée par le roi du Maroc

La Conférence de lancement du projet Aladin « pour un dialogue interculturel fondé sur la vérité historique, la connaissance et le respect mutuel » s’est ouverte vendredi 27 mars au siège de l’UNESCO à Paris. Le roi du Maroc, Mohammed VI avait à cette occasion préparé un message pour les participants dans lequel il rappelait que sa « lecture de l’holocauste et celle de (son) peuple ne sont pas celle de l’amnésie», fustigeant une « communauté des nations  (qui) s’est trop longtemps accommodée d’une lecture sélective de l’histoire de cette période sombre et régressive.

Une lecture par défaut qui a permis à tous les fantasmes de s’épanouir. Pour le souverain, c’est la reconnaissance du devoir de mémoire qui doit inspirer cette volonté de faire connaître et défendre la vérité sur la Shoah.