OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole)

Créée en 1960 par l’Arabie Saoudite, l’Iran, l’Irak, le Koweit et le Vénézuela – à l’initiative de l’Irak -, l’OPEP rassemble aujourd’hui 11 pays qui souhaitent coordonner leurs politiques d’exportation de pétrole. Le siège de l’OPEP est établi à Vienne et l’Organisation est actuellement présidée par M. Silva-Calderón, Ministre de l’Energie et des Mines du Vénézuela (qui a succédé son compatriote Ali Rodriguez Araque en juillet 2002).

Les 11 pays membres de l’OPEP détiennent 75% des réserves connues de brut. En 2000, ils représentaient 42% de la production mondiale de pétrole (1996: 40.2%, 1980: 44.6%, 1973: 55,5% -année record-). La production des onze pays membres de l’OPEP s’est établie à 1,4 milliard de tonnes en 2000. L’Arabie Saoudite est le premier producteur au monde de pétrole brut, avec 402 millions de tonnes. Ils possèdent également 42.3% environ des réserves connues de gaz naturel.

L’Organisation a trois faiblesses principales: d’abord ses décisions doivent être prises à l’unanimité, ensuite ses membres ne les respectent pas toujours, enfin plusieurs producteurs importants ou très importants ne font pas partie de ce cartel, comme l’Angola, Bahrein, Bruneï, la Grande-Bretagne, le Mexique, la Norvège, Oman, les USA et les anciennes républiques soviétiques.

L’évolution des prix de pétrole

Suite à l’effondrement du marché pétrolier au début 1999, lorsque le prix du baril est passé sous la barre des 10$, les ministres du Pétrole de l’OPEP sont parvenus à un accord à La Haye à l’issue de discussions entre l’Arabie Saoudite, l’Iran, l’Algérie, le Vénézuela et le Mexique. Cet accord, signé le 12 mars 1999 à La Haye, prévoyaitt que les membres de l’OPEP ainsi que le Mexique, la Norvège et Oman réduisent leur production de 2 millions de barils par jour en plus de la réduction de 2,6 millions de barils par jour décidée par l’OPEP en juillet 1998 lorsque l’Arabie Saoudite avait menacé de mettre tout son poids pour juguler la production jusqu’à ce que les prix atteignent 15$ le baril.

Grâce aux mesures prises à La Haye, le cours du pétrole s’est rapidement relevé et a même plus que doublé en six mois, approchant 24$ à la mi-septembre 1999.

Cette tendance a encouragé les pays membres de l’OPEP à poursuivre la politique de réduction de leur production jusqu’à l’expiration de l’accord de La Haye en mars 2000.

Le 17 novembre 1999, les ministres du pétrole d’Arabie Saoudite et du Vénézuela, deux des principaux producteurs OPEP, s’étaient réunis à Riyadh avec leur collègue du Mexique (non-membre de l’OPEP) pour confirmer qu’ils se tiendrait à l’accord conclu. Cette déclaration a propulsé le prix du baril à plus de 25$, un cours qui n’avait plus été atteint depuis la seconde Guerre du Golfe. Dans les mois suivants, la hausse s’est poursuivie, jusqu’à frôler brièvement les 34$ au début de mars 2000 (pour la qualité de référence WTI, « West Texas Intermediate »).

Finalement, suite surtout aux pressions américaines, l’Arabie Saoudite (premier producteur mondial) a convaincu la majorité des membres du cartel le 28 mars d’augmenter à partir du 1er avril leur production de 6,5 %, soit 1,7 millions de b/j. Cette décision était sensée ramener les prix aux alentours de 20 à 25$, ce qui se produisit effectivement dans un premier temps. Les prix sont cependant rapidement repartis à la hausse, approchant à nouveau les 32$ à la mi-juin 2000.

Suite à cette nouvelle hausse, l’OPEP décida le 21 juin une nouvelle augnmentation de production de 708.000 b/j à partir du 1er juillet. Comme cette annonce eut peu d’effet sur le marché, l’Arabie Saoudite, principal producteur de l’OPEP et surtout le seul à avoir une importante capacité de production non-utilisée, a fait savoir dès le 3 juillet qu’elle pourrait unilatéralement décider de produire 500.000 b/j supplémentaires si les prix ne redescendaient pas à 25 $.

La forte hausse du prix du pétrole aura un effet inflationniste sur de nombreuses économies. Pour ce qui concerne l’Union Européenne et la zone Euro, l’inflation que l’on prévoyait de 1,2% en 2000 sera sans doute de 1,5%, puis de 1,6% en 2001 (selon les prévisions données par la Commission Européenne en novembre 1999).

L’année 2001 a été marqué par le prix d’un baril de brut en retrait de 4 $ par rapport à 2000 (24$ en moyenne). Durant les trois premiers semestres de 2001, les prix ont connu une stabilité avec un niveau se situant dans la haute fourchette fixée par l’OPEP (22/28$). A la fin de l’année, les attentats du 11 septembre ont provoqué une spirale baissière.

Au début de l’année 2002, les producteurs OPEP et non-OPEP (Russie, Norvège, Mexique) ont conclu un accord pour stabiliser les prix autour de 20$/baril.

L’année suivante, en janvier 2003, les 10 pays OPEP (hors Irak) ont officiellement adopté un plafond de production de 24,5 millions de barils par jour. Mais ce seuil a été dépassé de 1,5 millions de barils à partir du mois de mars pour éviter une flambée des prix et assurer l’approvisionnement lors de crises successives au Venezuela, en Irak et au Nigeria (entre novembre 2002 et février 2003 les prix du baril de pétrole sont passés de 25 à 30$).

Au printemps 2003, le cours du baril de pétrole se mantient à un niveau élvé, entre 25 et 30$ le baril.