Golan

Région syrienne occupée par Israël depuis juin 1967, après le cessez-le-feu décrété par l’ONU et accepté par la Syrie le 9 juin. Le plateau du Golan a été annexé par Israël en décembre 1981 (annexion condamnée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, Rés. 497 de 1981). Tout comme la « Zone de sécurité » qu’Israël occupe dans le sud du Liban depuis 1978, le Golan n’a jamais fait partie du mandat britannique sur la Palestine.

Plateau d’une altitude de 500 à 1300 mètres, le Golan est une région stratégique dominant à l’est la région de Damas et à l’ouest la vallée de Hulé et le lac de Tibériade. Une partie des affluents du Jourdain y ont leur source et son principal intérêt pour Israël réside dans le fait qu’il constitue un véritable château d’eau où Israël puise 35 % de l’eau qu’il utilise actuellement. Le Ministre Yigal Allon écrivait d’ailleurs en 1977 dans son livre Israël, la lutte pour l’espoir, que « les besoins stratégiques globaux d’Israël nécessitent le contrôle du Golan car il s’agit de la défense de nos principales sources d’eau ».

Aucune autre zone occupée par Israël n’a subi un exode comparable à ce qui s’est passé là. La majeure partie des 150.000 habitants syriens de la région ont fui lors des combats de 1967 puis de 1973 et se sont réfugiés dans le reste de la Syrie. Seuls s’y sont maintenus 13.500 d’entre eux, de confessions druze et alaouite, auxquels Israël refuse de reconnaître la nationalité syrienne, tandis que ces derniers refusent d’adopter la nationalité israélienne.

Cette situation et l’intérêt agricole de la région ont permis l’installation sur le plateau du Golan, dès juillet 1967, des premières colonies de peuplement israéliennes des territoires occupés. 17.000 colons vivent actuellement sur le plateau, répartis entre 12 kibboutzim, 16 moshavim, 4 autres colonies et la « ville » de Katzrin. Le nombre de colons s’est accru de 18 % depuis la signature des accords d’Oslo.

Une des principales productions de la région est le vin et une part importante du vin exporté par Israël (38 % en 1997) est en réalité produite sur le Golan.

Après son éléction comme Premier Ministre d’Israël; Ehud Barak imposa un moratoire sur le développement des implanations israéliennes dans la région. Suite à l’échec des négociations israélo-syriennes organisées sous les auspices du président américain Bill Clinton, ce moratoire a été levé le 13 avril 2000. Ce blocage était la conséquence du refus israélien de rendre à la Syrie la totalité des territoires qu’elle contrôlait à la veille de la guerre israélo-arabe, en particulier la rive orientale du lac de Tibériade. En février 2001, à peine élu à la tête du gouvernement israélien, Ariel Sharon annonçait une reprise de la colonisation de peuplement sur le Golan.