Projet du Sud-Est Anatolien (GAP)

Pour augmenter la production agricole en Turquie et développer ses provinces orientales, le gouvernement a mis sur pied au début des années 1980 le « Projet du Sud Est Anatolien » (ou Great Anatolia Project – GAP, en turc: Güneydoðu Anadolu Projesi)) couvrant une zone de 74.000 km² et incluant quelques 495 chantiers(1). Le GAP prévoit la construction de 22 barrages sur le Tigre, l’Euphrate et leurs affluents (dont le barrage Atatürk sur l’Euphrate, pièce maîtresse du projet et sixième plus grand barrage du monde), 19 centrales électriques devant produire annuellement 13 milliards de KwH et un réseau de 7000 km de canaux et de conduites pour irriguer 1,7 millions d’hectares (soit 10 % du territoire turc mais qui représenteront 50 % du total de ses terres irriguées). Les 19 centrales devraient entrer en production en 2005 et doubleront pratiquement la capacité électrique du pays.

La réalisation de ce projet a été retardée à cause d’attaques du PKK et de problèmes de financement. L’achèvement des barrages et des centrales du GAP est prévu pour 2005 tandis que les travaux d’irrigations s’achèveront en principe en 2010. Le coût total estimé est de 32.000 millions de $ (2).

Süleyman Demirel, ingénieur électricien et hydraulicien, ancien Président turc et plusieurs fois Premier Ministre depuis 1965, est un des pères de cet ambitieux projet.

Le GAP n’est pas sans conséquences pour les voisins proches de la Turquie. Si les deux fleuves concernés prennent leur source en Turquie, l’Euphrate coule en Syrie puis en Irak tandis que le Tigre, après avoir formé durant une centaine de kilomètres la frontière entre la Syrie et l’Iraq, poursuit son cours dans ce dernier pays où les deux fleuves finissent par se rejoindre pour former le Chatt Al-Arab 200 kilomètres avant de se jeter dans le Golfe.

Une solution était proposée par le gouvernement turque: « Paix pipeline ». L’idée est de « …. » de l’eau de deux fleuves qui écoule vers la Méditerrannée près de la forntière avec la Syrie et les dévier à travers un grand système de pipelines vers le sud. Une de ces pipelines pourrait croiser la Syrie et mener de l’eau jusqu’à l’est de l’Arabie Saoudite et les pays du Golfe, Bahrein, Qatar et les EAU. La deuxième irait vers le sud à travers la Syrie et la Jordanie, paralelle à la côte de la mer Rouge jusqu’à l’Arabie Saoudite. La Turquie a proposé la livraison de l’eau comme un contrat commercial, ou bien en echange de pétrole. Ajord’hui, il n’y a pas de réponse positive à cette proposition de la part des pays qui profiteraient de l’eau. La raison la plus important étant la facilité avec laquelle la Turquie en pourrait couper la livraison en temps de difficultés politiques. Ces pays n’oublient pas que en 1987, le Président turque, Türgüt Özal, a ménacé la Syrie de couper l’Euphrates pour forcer Damas à arrêter son soutien aux rebels Kurds…

Ressources financières

  • Internal resources: 76% ( $ 24.32 billions)
  • External resources: 24% ($ 7.68 billions)

Prêts

  • US Exim Bank: 111 million $
  • Swiss Commercial: 467 million $
  • Swiss-German Commercial: 782 million $
  • Banque Européenne d’Investissement: 104 million $
  • Banque Mondiale: 120 million $
  • Conseil de l’Europe, Fond Social de Développement: 183 million $
  • Gouvernement italien: 85 million $
  • Gouvernement français: 33 million $
  • Gouvernement allemand: 15 million $
  • Gouvernement autrichien: 200 million $

Total: 2.1 billion $

En outre, subventions equivalents à 59 million $ ont été octroyées par des institutions internationales telles que la Banque Mondiale, USA Trade Development Agency, Canadian International Development Agency, US National Institute of Health, Israel Centre for International Cooperation, etc.

La UNDP appuie un programme cadre en thèmes de développement durable comme le genre, l’environment, subsistence et pauverté. Cet programme cadre est executé par des agences specialisées de Nations Unis telles que la FAO, WHO et UNIDO ainsi que par des organisations de la societé civile avec un budget total de 5.4 million $.

Notes:

(1) Le plan couvre 9 provinces: Adiyaman, Batman, Diyarbakir, Gaziantep, Kilis, Mardin, Siirt, Sanliurfa et Sirnak.

(2) En 2000, du budget total prévu, 14.000 million $ ont été depansés.

Source: 2000 Annual Investment programs, SPO