Chiisme

Le Chiisme est une branche minoritaire de l’Islam qui regroupe environ 10% des musulmans de par le monde. Ils sont issus d’une division survenue au VIIème siècle entre partisans d’Ali, cousin et gendre du Prophète, et partisans du Calife Mouawiya, le fondateur de la dynastie Ommeyade, qui n’avait aucun lien de parenté avec Mohammed (voir sunnisme). Les chiites estiment que la succesion du Prophète doit légitimement être attribuée à un descendant de la lignée d’Ali.

Cinq pays arabes ont une partie importante de leur population qui se rattache à l’une ou l’autre des branches du Chiisme: l’Irak (+ 50 %, Duodécimains), Bahrein (+ 50 %, Duodécimains), le Liban (25% environ, Duodécimains), Oman (60%, Kharijites) et le Yemen (55 % environ, Zaydites).

Principales sectes chiites:

Les Duodécimains (en arabe, « Ithna », douze) forment de loin le groupe le plus large du Chiisme. Dans le monde arabe, ils sont surtout présents autour du Golfe (Irak, Bahrein, province orientale de l’Arabie Saoudite) et c’est la doctrine officielle de l’Iran. Pour eux, la lignée des descendants du Prophète s’est arrêtée avec la disparition du douzième Imam, guide de la communauté des croyants, dont ils attendent le retour.

Les Ismaéliens constituent le second groupe chiite, répandu de façon clairsemée à travers le monde musulman. Dans le monde arabe, ils sont surtout présents en Egypte et en Syrie. Les Ismaéliens, ou « Septimaniens », limitent à sept le nombre des Imams légitimes. Leur chef religieux est l’Aga Khan. Les Nizarites, que l’histoire connaît mieux sous le nom de la secte des Assassins, forment une branche du chiisme ismaélien.

Une dissidence des Ismaéliens a créé la secte desAlaouites, qui a intégré diverses croyances provenant d’autres religions, notamment du Christianisme et de l’Hindouisme. Plus d’un million et demi de Syriens sont Alaouites (environ 10% de la population). Les Alaouites (ou noseïris) partagent l’appellation d’alévis avec les chiites d’origine turkmène de Turquie.

Les Druzes (Syrie, Liban, Israël) sont également issus de la branche ismaélienne du chiisme mais en sont si éloignés que beaucoup ne les considèrent plus comme des chiites ni même parfois comme des musulmans.

Les Zaydites – contestent le choix du 5ème Imam et lui préfèrent Zayd ibn Ali, un petit-fils d’Ali. Ils considèrent que l’Imam pour être légitime doit être choisi par élection parmi les descendants d’Ali et qu’il peut être démis s’il faute. Ils sont essentiellement présents au Yémen (où l’Imamat zaydite a disparu en 1962).

Les Kharijites estiment qu’Ali lui-même a commis une erreur en tentant de composer avec Mouawyia. Pour eux, l’Imam doit être élu sans tenir compte de sa lignée mais sur ses qualités morales. De ce fait, certains auteurs les distinguent des Chiites proprement dits. Actuellement, seuls les Ibadites (forme modérée du kharijisme) subsistent en nombre. Ils représentent 60% des musulmans d’Oman (où l’Imamat ibadite a disparu en 1959). Des communautés ibadites importantes existent également en Tunisie (sur l’île de Djerba, environ 50.000) et en Algérie (à Ouargla et dans le Mzab – d’où l’appellation de Mozabite – plus de 100.000) et dans le Djebel Nafousa (Nord de la Lybie).