Annapolis : Conférence internationale des donateurs pour l’Etat palestinien

Une conférence des donateurs pour l’Etat palestinien a eu lieu à Paris le 17 décembre 2007. Elle avait pour but de débloquer des fonds pour aider à la création du futur Etat palestinien, et cela dans le cadre du cycle d’Annapolis.

Participants

La conférence a rassemblé 87 délégations issues de nombreux pays et organisations régionales, ainsi que d’organismes internationaux. Elle était co-présidée par M. Tony Blair, représentant du Quartet, M. Jonas Gahr Stoere, Ministre de Affaires étrangères norvégien – la Norvège est la présidente du comité ad hoc (AHLC) des bailleurs internationaux – et Mme Benita Ferrero-Waldner, Commissaire européenne en charge des Relations extérieures et de la Politique européenne de voisinage.

La France étant le pays hôte de cette conférence, le rôle du Ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a pu être souligné. La coordination générale de la conférence a été confiée à M. Pierre Duquesne, ancien administrateur français du FMI et de la Banque Mondiale.

Résultats

Les participants ont offerts davantage que ce qui était demandé par les Palestiniens. Ces derniers avaient en effet demandé 5 milliards $ et en ont reçu 7,4 milliards $. Ces dons se diviseront en deux parties : la première de 3,4 milliards $ sera délivrée durant l’année 2008 afin de subvenir aux besoins urgents du peuple palestinien (ce montant comprend les aides humanitaires), la deuxième partie sera ensuite destinée à la construction d’institutions et de mécanismes de développement au sein du futur Etat palestinien de 2009 à 2011.

Depuis l’accord d’Oslo de 1993, l’aide internationale au peuple palestinien a été de 8 à 9 milliards $. Ce rappel permet de juger de l’importance des fonds aujourd’hui alloués à la construction de l’Etat palestinien.

Toutes ces aides seront versées sur le compte unique du Trésor palestinien, nouvellement mis en place et dont le Premier Ministre palestinien M. Salam Fayyad a souligné la conformité aux normes internationales les plus élevées. Parmi les efforts fournis par les dirigeants palestiniens en vue de cette conférence, leur programme intitulé « Construire un Etat palestinien a permis de gagner la confiance des donateurs par sa qualité.

Remarques

C’est la première fois que les bailleurs adressent leurs fonds à l’ « Etat palestinien », ce qui démontre bien le but de cette conférence. Certains points ont également été relevés par les différentes allocutions :

– l’indivisibilité du peuple et du territoire palestinien : les aides seront destinées tout autant à la Cisjordanie qu’à Gaza ;

– la nécessité d’un geste d’Israël concernant les restrictions de mouvements sur les territoires palestiniens – diminution des check points, levée partielle du blocus de la bande de Gaza – et cela à la fois pour permettre de recréer une unité palestinienne, mais aussi pour permettre une reprise économique ;

– l’importance du secteur privé afin de relever l’économie palestinienne.

Suivi

La conférence de Paris fera l’objet d’un suivi afin de veiller à sa mise en œuvre. Dans ce cadre, la Présidence et la co-Présidence se réuniront à nouveau le 22 janvier afin de suivre le processus de paix au plus haut niveau.

Il faut également noter que cette conférence est totalement intégrée au processus d’Annapolis dont les engagements pris par les Israéliens et les Palestiniens le 27 novembre dernier font également l’objet d’un suivi.