Annapolis : le rôle de l’UE dans la conférence

Préparatifs : tournée de Javier Solana (Haut Représentant de la PESC) au Moyen-Orient (11 au 14 novembre 2007)

Bien que n’étant pas la puissance instigatrice, l’Union Européenne a aussi participé à la préparation de la conférence de paix prévue à Annapolis le 27 novembre.

Du 11 eu 14 novembre, le responsable de la PESC Javier Solana a effectué des visites dans les villes de Ramallah, Jérusalem, Tel Aviv et le Caire afin d’encourager les dirigeants participants à la conférence du 27 novembre fassent tout pour qu’elle soit un succès. Il a fait remarqué que l’échec ne pouvait cette fois-ci être une option vu les conséquences régionales catastrophiques dans un tel cas.

Malgré la difficulté compte tenu à la fois des préparatifs chaotiques mais aussi du peu de temps prévu (une seule journée), Javier Solana insiste sur trois avancées que doit atteindre la conférence de paix :

1) créer une nouvelle dynamique politique ;

2) préparer les bases pour un effort économique majeur pour aider les Palestiniens. Une conférence internationale des donneurs sera organisée à Paris en décembre dans ce but ;

3) Et il faut des changements de fonds avant la conférence.

Il a également souligné le fait que même si la conférence ne durait qu’un jour, ce serait suffisant pour lancer le processus de paix. Or tel en est l’objectif.

Déclaration de Javier Solana le vendredi 23 novembre 2006 concernant la participation européenne à la Conférence d’Annapolis

Javier Solana souligne l’importance stratégique de la paix israélo-palestinienne pour l’Europe. Il appelle aussi toutes les parties de la conférence à soutenir l’effort lancé à Annapolis le 27 novembre sous les auspices du Quartet.

L’UE insiste sur l’importance de la conférence internationale des donneurs pour la Palestine qui aura lieu en décembre.

L’UE s’engage :

– à encourager l’effort bilatéral des parties

– à encourager le rôle de facilitateur des Etats-Unis

– à assurer l’implication active du Quartet dans la conférence et dans son suivi

– continuer sa collaboration avec les Etats arabes et supporter l’Initiative de Paix Arabe

– à maintenir un haut niveau de collaboration avec la région, en y soutenant les efforts politiques ainsi que les efforts post-conflits.

L’UE met l’accent sur la construction du futur Etat palestinien. Pour cela, elle s’engage à collaborer avec l’Autorité Palestinienne, mais rappelle que les deux parties doivent aussi faire des efforts pour s’accorder.

De manière concrète que propose l’UE ? (cfr. Déclaration du 23 novembre)

L’UE compte apporter son aide dans 3 domaines :

1) la construction de l’Etat palestinien

– Mise en place d’une force de l’ordre moderne et démocratique en coopération avec le Cordinateur US, ainsi que des prisons et des institutions judiciaires efficaces.

– Construction d’institutions et bonne gouvernance (domaine dans lequel l’UE est actif depuis longtemps via l’institution « Governance Strategy Group » basé à Jérusalem)

– Croissance de l’économie palestinienne, et cela par le renforcement du secteur privé (garanties pour les crédits, facilitation du commerce …)

– Douanes et échanges commerciaux : faciliter le contrôle des biens passant par les frontières palestiniennes et soutien de la politique commerciale de l’AP. L’UE est prête à reprendre le travail de ses groupes trilatéraux en matière de politique commerciale.

2) durant la période de transition

– Soutien à l’AP pour des finances viables

– Plan de réformes et de développement : institutions stables, reprise économique, ainsi que projets avec des résultats à court terme. Se fera selon un planning coordonné par le représentant du Quartet, Tony Blair, avec un soutien nécessaire d’Israël concernant les accès et les mouvements dans les territoires palestiniens.

– Soutien humanitaire d’urgence (eau, électricité, essence) en Cisjordanie, à Gaza et aux réfugiés palestiniens. Son aide à Gaza se doublera d’un objectif d’unité palestinienne.

3) résolution des conflits

– Support à la résolution concernant le statut de Jérusalem par une augmentation de son aide aux hôpitaux, écoles et centres communautaires pour la population de Jérusalem Est.

– Adapter l’aide aux réfugiés à l’objectif d’une solution durable en la matière.

– Contribution européenne en matière de sécurité si le besoin survient dans le cadre d’un arrangement permanent.