Annapolis : Visite du Président Bush au Proche-Orient (9-16 janvier 2008)

Le Président Bush a commencé mercredi 9 janvier 2008 une tournée au Proche-Orient commencant par une visite en Israël et dans les Territoires palestiniens, et qui se poursuivra ensuite au Koweit, à Bahrein, aux Emirats Arabes Unis, en Arabie Saoudite pour enfin se terminer en Egypte le 16 janvier.

Cette visite est qualifiée d’historique car c’est la première fois que G.W. Bush effectue un voyage en Israël/Palestine depuis le début depuis qu’il est à la Maison Blanche. Par cette visite, il tient l’engagement qu’il avait pris à Annapolis le 27 novembre dernier qui était de s’investir personnellement dans les négociations.

Préparatifs

Les médias ont beaucoup insisté sur les risques que comportait cette visite pour le Président Bush. Deux appels ont en effet été lancé sur Internet, un par Al Qaïda, un par un américain converti à l’Islam, pour encourager tous types d’attentats contre l’occupant de la Maison Blanche. Le dispositif de sécurité qui a entouré le voyage a donc été prévu en conséquence.

Sur le plan diplomatique, Ehud Olmert et Mahmoud Abbas ont tenu une réunion bilatérale la veille de la venue de G.W. Bush afin de hâter le démarrage des négociations bilatérales directes sur les différents points chauds du processus de paix: statut de Jérusalem, celui des réfugiés, les colonies et les frontières, dans le but de parvenir à la construction d’un Etat palestinien à la fin de l’année 2008. Mais le lundi 7 janvier, une réunion entre les deux chefs de négociation, Ahmed Qorei et Tzipi Livni, n’avait donné aucun résultat apparent.

Les positions d’un côté et de l’autre demeurent en fait inchangées. Israël reproche à l’Autorité Palestinienne de ne pas parvenir à faire cesser les tirs de roquettes tirés depuis Gaza, et fait de la sécurité une condition sine qua non de l’avancement dans les négociations. Les Palestiniens désirent quant à eux lle gel total des colonies et l’arrêt des incursions de Tsahal sur leurs territoires, celle-ci décrédibilisant le travail des forces de l’ordre palestiniennes.

Visite de Bush en Israël et dans les Territoires palestiniens (9-11 janvier 2008)

Dans un tel contexte, la visite de Bush ne pouvait concrètement rien changer. Le Président américain a donc réaffirmé l’espoir qu’il avait de parvenir à un accord avant la fin de son mandat. Il séjournait à Jérusalem du 9 au matin du 11 janvier et a effectué une visite à Ramallah le 10.

Durant ses entrevues avec les responsables israéliens et palestiniens, il a tenté d’exercer une pression pour encourager les parties à faire des concessions. Aux Israéliens, il a recommandé de cesser toute construction dans les colonies et à également recommandé de laisser les forces de l’ordre palestiniennes faire leur travail. Quant aux Palestiniens, ils ont reçu comme conseil de retrouver leur autorité sur l’entièreté de leur territoire, y compris la bande de Gaza.

Un point parait remarquable: le fait que Bush ait recommandé à Israël de ne plus empiéter sur le domaine de compétences de Forces de l’ordre palestiniennes et d’ainsi entraver la crédibilité et donc la modernisation des autorités palestiniennes. Mais il a également souligné le droit d’Israël à se protéger face aux critiques palestiniennes des check-points et autres mesures de sécurité entravant leur vie quotidienne.

Bush a également déclaré que le lieutenant général William Fraser, adjoint au chef d’état-major interarmées américain, veillerait à l’application de la Feuille de Route concernant le gel des colonies et la lutte anti-terroriste. Des proches du Président ont laissés entendre qu’une autre venue de Bush dans la région durant l’année n’était pas à exclure.

Durant ces deux jours, de nombreuses manifestations ont été organisées des deux côtés: les colons israéliens ont manifestés contre la politique américaine les forçant à geler les colonies, tandis qu’à Gaza des manifestations dénonçaient la politique de l’administration Bush en général.

Suite du voyage

A partir de vendredi 11 janvier, GW Bush a continué sa tournée par un passage les Etats du Golfe: Koweit, Emirats Arabes Unis et Arabie Saoudite. De ces pays, il a tenté d’obtenir un soutien du processus de paix enclenché à Annapolis, mais aussi afin d’isoler Téhéran. Ryadh s’est montré plutôt réservé sur les deux sujets, déclarant que l’Arabie Saoudite n’avait rien contre l’Iran et que les pays arabes ne pouvaient pas non faire plus de concessions que ce qu’ils ont déjà fait (cfr. Initiative de paix arabe).

Le président américain a terminé son périple par un passage de quatre heures à Sharm-el-Shiekh en Egypte, où il a rencontré son homologue égyptien, Mohammed Hosni Moubarak. Le peu de temps consacré à l’Egypte illustre bien l’état des relations entre les deux pays. GW Bush a souligné les efforts à faire par l’Egypte en matière de liberté d’expression et de respect des Droits de l’Homme.

Conclusion

Six semaines après la conférence d’Annapolis, le bilan ne montre aucune avancée significative. Les parties restent campées sur leurs positions, semblent l’une et l’autre peu en mesure de faire entendre raison aux opposants de la paix.

À noter que durant les deux jours de Bush à Jérusalem et Cisjordanie, aucune réunion tripartite (Israël-Palestiniens-Etats-Unis) se s’est tenue, ce qui aurait pourtant pu être bénéfique pour faire le point sur la situation.

Quand au soutien arabe a l’initiative d’Annapolis, il demeure mitigé. Les pays voisins d’Israël estiment avoir déjà fait un grand pas avec l’initiative de paix arabe.

Les pressions de G.W. Bush seront-elles suffisantes pour que le processus de paix soit couronné par un succès avant fin 2008? Malgré les déclarations du président américain, les pronostics ne sont pas très optimistes.