FINUL (Force Intérimaire des Nations-Unies au Liban)

La FINUL – en anglais: UNIFIL -, Force Intérimaire des Nations Unies au Liban, a été créée par les résolutions 425 et 426 du Conseil de Sécurité en mars 1978, pour une période de six mois prorogée depuis pour surveiller le retrait israélien du sud du Liban, y restaurer la paix et la sécurité et assister le gouvernement libanais dans le rétablissement de son autorité dans la région.

En juin 1982, suite à la nouvelle invasion du Liban par Israël, le Conseil de Sécurité a élargi le mandat de la FINUL à l’assistance et à la protection humanitaire de la population.

La FINUL est composée au départ de 6.000 hommes provenant de neuf pays, européens pour la plupart. Plus de 180 casques bleus de la FINUL ont été tués au cours de leurs missions, essentiellement du fait d’attaques menées par l’Armée du Liban Sud financée et entraînée par Israël pour la garde de la « zone de sécurité » israélienne au Liban.

En 1978, Les pays européens contribuant à cette force par un contingent sont la Finlande (543 militaires), la France (501), l’Irlande (750), l’Italie (52), la Norvège (900) et la Suède (521); la Pologne fournit une équipe médicale de 84 personnes. C’est le contingent irlandais qui, parmi eux, a payé le plus lourd tribut: 29 soldats irlandais y ont en effet perdu la vie en un peu plus de dix ans.

De 1978 à 2000, la FINUL est empêchée de remplir son mandat du fait de la présence de l’Armée israélienne du Liban Sud. Durant cette période, elle essaiera tant bien que mal de limiter les hostilités, contribuer à la stabilité de la région et à le plus possible protéger la population des violences.

1er tournant : Le retrait israélien (2000)

En mai 2000, le gouvernement d’Ehoud Barak décide de retirer unilatéralement ses troupes du Sud-Liban, autorisant des observateurs de l’ONU à vérifier l’effectivité de ce retrait et à confirmer le tracé de la frontière séparant Israël et le Liban (la Ligne Bleue). Mais l’armée libanaise ne reprend le contrôle du Sud-Liban (ne le prévoyant qu’en cas de paix globale avec Israël), laissant le Hezbollah maître du terrain. L’avenir de la FINUL est alors incertain.

La FINUL relève les violations de la Ligne Bleue et participe au déminage de la région. En janvier 2001, le Secrétaire Général de l’ONU affirme que la FINUL a rempli deux des trois missions qui lui étaient assignées c’est-à-dire la confirmation du retrait israélien et l’aide aux autorités libanaises à mesure qu’elles reviennent dans la région. Au sujet du rétablissement de la paix et de la sécurité internationales, Kofi Annan estime que la FINUL a encore un rôle à y jouer.

Le mandat de la FINUL est ainsi prorogé tous les six mois par le Conseil de Sécurité, son effectif étant à chaque fois réévalué. Malgré le cessez-le-feu de plus en plus respecté le long de la Ligne Bleue, des violations et des tensions persistent dans le secteur des fermes de Chebaa. Par ailleurs les violations de l’espace aérien libanais par l’aviation israélienne (avions à réaction, hélicoptères, drônes) demeurent quotidiennes. Côté libanais, les violations sont davantage terrestre et le fait de bergers. Le Hezbollah a quant à lui fait main-mise sur la région du Sud Liban et perturbe souvent les mouvements de la FINUL.

La FINUL continue de maintenir le cessez-le-feu dans la zone adjacente de la Ligne Bleue par des patrouilles mobiles et des positions fixes. Elle est assistée dans cette tâche par des observateurs de l’ONUST. Elle maintient également un contact étroit avec les parties israéliennes et libanaises et apporte enfin une aide humanitaire aux populations de la région (soins médicaux, projets d’approvisionnement en eau, équipements et services à l’intention des écoles et des orphelinats, services sociaux aux nécessiteux).

2eme tournant : le conflit israélo-libanais (2006)

Le 12 juillet 2006, le Hezbollah procède à des tirs de roquettes au-delà de la Ligne Bleue et enlève deux soldats israéliens. Israël riposte le même jour. Pendant un mois, le Sud Liban est à nouveau le terrain d’un conflit ouvert.

Le 18 juillet, le Secrétaire Général des Nations-Unies fait le bilan sur le dernier mandat de la FINUL et relève la situation volatile dans le Sud-Liban durant ces six mois. Il remarque aussi que dans les circonstances du conflit la FINUL ne peut plus exercer son rôle de maintien de la paix.

Le 31 juillet, le Conseil de Sécurité prolonge le mandat de la FINUL jusqu’au 31 août par sa Résolution 1697. Le 11 août, la Résolution 1701 impose la fin des hostilités et exprime la volonté de voir les pouvoirs et les effectifs de la FINUL renforcés, ainsi que son mandat prolongé. On parle depuis lors d’une FINUL 2. La Résolution 1701 réaffirme aussi les Résolutions 1559 (2004) et 1680 (2006) exigeant le retrait de tous les groupes armés du Sud-Liban afin que seul l’Etat libanais soit autorisé à y détenir des armes et à y exercer son autorité.

La FINUL 2 compte désormais 15 000 hommes issus de 30 pays. A son commandement, l’italien Claudio Graziano succède au Commandant en Chef français Alain Pellegrini. Ce changement a lieu du fait que la contribution italienne à la FINUL est la plus élevée et dépasse celle de la France – qui était préalablement la plus importante.

La FINUL 2 est chargée de contrôler la cessation des hostilités, d’accompagner et d’appuyer le déploiement de l’armée libanaise au Sud-Liban et de faciliter l’accès humanitaire aux populations civiles de la région.

Pour plus de détails voir la FINUL sur le site des Nations-Unies :

http://www.un.org/french/peace/peace/cu_mission/finul/finul.htm