Initiative américaine du Grand Moyen Orient

ou US Greater Middle East Initiative

Il s’agit d’une initiative américaine dont le but est d’encourager la démocratie et de promouvoir la réforme économique et sociale dans la région. Elle fut présentée à l’occasion du Forum Economique Mondial à Davos en janvier 2004. Washington lancera officiellement cette initiative durant le Sommet du G8 à Sea Island (Géorgie- USA) en juin 2004.

Le plan se base sur l’affirmation qu’arrêter la croissance d’une « masse d’individus politiquement et économiquement marginalisés dans la région» , ralentirait la tendance à la hausse de « l’extrémisme, le terrorisme, le crime international et la migration illégale » dans la région. Il contient des sujets comme l’ouverture des marchés, les élections libres, la liberté de presse et le soutien aux organisations des droits de l’homme.

L’initiative serait inspirée des accords d’Helsinki de 1975, signés par les 35 nations (les Etats-Unis, l’ancien Union soviétique et la plupart des Etats européens). Le pacte était désigné pour reconnaître des frontières à propos desquelles des disputes avaient lieu après la seconde guerre mondiale et pour établir un mécanisme d’affaissement d’autres désaccords. Les droits de l’homme et les libertés fondamentales devinrent des parties clés du traité, et l’Occident promouvait et protégeait les groupes dissidents dans le bloc soviétique et incitait à de plus grandes libertés pour ses résidents.

Notamment, l’initiative propose les actions suivantes : l’établissement de zones de business et de commerce, une assistance aux pays du Moyen Orient pour la tenue et le suivi d’élections, l’établissement de centres de financements qui donneraient des conseils juridiques aux femmes, le renforcement de liens avec des groupes non-gouvernementaux qui promeuvent la démocratie, enfin une initiation à des programmes éducatifs, notamment, pour les femmes.

Cette initiative américaine cause des réactions parmi les nations arabes, et les leaders insistent sur le fait que le changement dans la région doive provenir de l’intérieur, et non imposé de l’extérieur. Le président égyptien Hosni Mubarak et le Roi Fahd d’Arabie Saoudite ainsi que le prince héritier Abdullah affirmèrent ce qui suit : « Les Etats arabes progressent sur le chemin du développement, de la modernisation et de la réforme, tout en conservant les intérêts et les valeurs de leur peuple. » Certains pays ont réuni leurs efforts pour apporter une alternative à la stratégie américaine.

Les réactions européennes se concentrent davantage sur le fait que l’Union européenne possède ses propres instruments pour encourager les institutions démocratiques au Moyen Orient, à savoir le processus de Barcelone et la Politique de Voisinage nouvellement adoptée. Il n’est pas clair si les deux approches vont s’affaiblir l’une l’autre ou s’il y a une possibilité de fusion et renforcement des deux plans.

Notes:

(1) La région du Grand Moyen Orient inclut les 22 nations de la Ligue arabe, la Turquie, Israël, le Pakistan et l’Afghanistan.