OTAN, Dialogue Méditerranéen

Lancée fin 1994, l’initiative de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en Méditerranée, le « dialogue méditerranéen » montre l’importance des questions de sécurité en région méditerranéenne : pour l’OTAN la sécurité de l’Europe est étroitement liée à celle de la région méditerranéenne.

Le dialogue méditerranéen n’est pas un programme de coopération militaire, mais un forum politique. L’instauration d’un dialogue direct avec les pays du sud de la Méditerranée non-membres de l’OTAN permettra de :

  • promouvoir l’Alliance atlantique auprès de ces pays
  • débattre des question de sécurité (échange des points de vue)
  • encourager la confiance et la stabilité régionale

Le dialogue est évolutif en terme de participation et de contenu. Il est essentiellement bilatéral (1).

A l’origine, il concernait un nombre limité de pays méditerranéens : l’Egypte, Israël (2), le Maroc et la Mauritanie. Apres le désir montré par l’OTAN d’étendre le dialogue à d’autres pays dans une démarche pays par pays, la Tunisie et la Jordanie ont rejoint le dialogue en février et novembre 1995, suivies par l’Algérie en mars 2000.

Pour l’OTAN, le dialogue complète et renforce d’autres initiatives tendant à établir et à améliorer la coopération avec les pays méditerranéens : le Processus de Barcelone, le processus de paix au Moyen-orient, notamment, mais aussi les « groupes de contact » de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et de l’Union de l’Europe occidentale (UEO).

Avec cette initiative, on peut se demander si, au-delà de la simple conduite d’un dialogue en Méditerranée, l’OTAN ne cherche pas à établir à établir une coopération durable dans le domaine de la défense avec les pays du sud de la Méditerranée.

L’initiative méditerranéenne manque d’un support politique réel (3). La détérioration du processus de paix israélo-arabe, qui entraîne beaucoup de réticences chez les pays arabes pour participer à un dialogue dans lequel Israël est impliqué, a empêché de réels progrès.

Depuis les attaques terroristes du 11 septembre 2001, le Dialogue Méditerranéen a regagné l’attention des pays de la région méditerranéenne et des autres. En mai 2002, les membres de l’OTAN ont décidé d’intensifier le dialogue tant dans sa dimension politique que dans sa dimension de coopération pratique pratique du dialogue.

Au sommet de Prague (chefs d’Etat et de gouvernement des 19 pays membres de l’OTAN et de 27 pays partenaires réunis en novembre 2002), les pays membres ont approuvé un paquet de mesures de coopération militaire qui comprenait notamment :

-familiarisation avec l’idéologie de l’OTAN,

-activités de formation,

-participation à des exercices communs (gestion des crises, plans civils d’urgence, recherches et sauvetages),

-coopération dans le domaine de la médecine des armées,

-développement de l’inter-opérabilité,

-sécurité maritime,

-opérations de maintien de la paix.

Le 29 juin 2004, lors de la conférence d’Istanbul, le Dialogue méditerranéen de l’OTAN a été transformé en un véritable partenariat comprenant des pays du « Moyen orient élargi », donnant naissance au « dialogue méditerranéen renforcé ». Ce renforcement se traduira notamment par une coopération pratique accrue, un renforcement de la dimension politique du Dialogue, un appui au processus de réforme de la défense, une coopération dans le domaine de la sécurité des frontières, la réalisation de l’interopérabilité et la contribution à la lutte contre le terrorisme. Par ailleurs, l’initiative d’Istanbul a prévu l’élargissement de la coopération bilatérale aux pays du Conseil de Coopération du Golfe.

Notes :

(1) En dépit de la structure principalement bilatérale du Dialogue Méditerranéen, des réunions multilatérales (19 pays membres + 7 partenaires méditerranéens) se tiennent régulièrement et de plus en plus souvent : 23 octobre 2001, 9 janvier 2002, 22 mai 2002 et 25 novembre 2002.

(2) Des sept pays méditerranéens participants au Dialogue, Israël a été le premier à signer un accord de sécurité avec l’OTAN (Avril 2001). Cet accord est le cadre dans lequel s’inscrit la protection des informations classifiées, comme la définissent les 19 pays membres. Il est signé par les pays souhaitent coopérer avec l’Alliance.

(3) entre autres de la part des Etats-unis (qui craignent des interférences avec d’autres politiques dans lesquels ils sont impliqués : processus de paix du Moyen-orient et élargissement de l’OTAN en Europe de l’Est) et des pays du sud de la Méditerranée, dont certaines franges de l’opinion publique voit en l’OTAN une institution de la guerre froide qui se cherche un nouvel ennemi, l’Islam.

Voir également:

Initiative de coopération en Méditerranée