MSP (Mouvement de la Société pour la Paix – ex-Hamas)

Hamas, acronyme arabe de Harakat Al Mujtamaa Al Islami, le « Mouvement de la Société Islamique » – MSI, a été créé en 1990 par Mahfoud Nahnah. Il est une émanation du al Islah wal Irchad, une des associations islamistes algériennes les plus importantes, également créée par Nahnah en 1988. Cette association, très active sur le terrain social et culturel, compterait environ 100.000 membres. Dès ses débuts, le Hamas s’est démarqué de son grand rival, beaucoup plus puissant, le FIS. Cette formation comprend de nombreux universitaires et savants religieux.

L’interruption du processus électoral en 1991 et l’interdiction du FIS par le pouvoir donna au Hamas, parti prônant un islamisme réformateur et modéré, l’occasion de se présenter comme l’alternative islamiste. Il a depuis lors récupéré nombre des voix qui se portaient traditionnellement sur le FIS.

Le Hamas devient le « Mouvement de la Société pour la Paix » – MSP (Harakat Al Mujtamaa Al Silm) en 1997 suite à la loi sur les partis politiques qui interdit notamment toute récupération idéologique de l’Islam. Il a alors troqué son slogan « l’Islam c’est la solution » pour « la paix, c’est la solution ».

En mai 1997, son président, Cheikh Nahnah avait déclaré « nous refusons d’être l’instrument d’une démocratie falsifiée et de participer à un processus qui ne reflète pas réellement la volonté populaire ». Il se veut l’avocat d’une solution politique à la crise algérienne. Le MSP approuve toutefois le coup d’Etat qui interrompit le processus électoral en janvier 1992. Il n’a pas non plus signé le « Contrat National », l’appel pour la démocratie et la paix lancé en 1995 à San Egidio par des représentants du FIS, du FFS et du Parti des Travailleurs.

Le MSP disposait, à la fin des années 1990, de 69 des 380 sièges de l’Assemblée Nationale, ce qui faisait de lui le second parti algérien après le Rassemblement National Démocratique du Président Zéroual. Le MSP a fait partie des coalitions gouvernementales depuis 1996 et compte sept ministres dans le gouvernement actuel.

Le MSP a été représenté par Cheikh Nahnah aux élections présidentielles d’avril 1999.

Après le décès de Mahfoud Nahna en 2003, c’est Bouguerra Soltabi qui reprend la tête du MSP.

Lors des élections législatives de 2007, le MSP obtient 52 sièges avec 9,71% des voix. cependant, un an plus tard, le parti subira une scission: plusieurs membres du MSP démissionèrent, dont 9 parlementaires. Ces derniers créent, dès 2008, un nouveau parti « Mouvement pour la prédication et le changement ».