RCD (Rassemblement pour la Culture et la démocratie)

Parti politique algérien berbériste et laïque issu du « Mouvement Culturel Berbère ». Créé en février 1989 par Saïd Sadi – un militant des droits de l’homme qui avait été poursuivi pour cette activité -, deux semaines avant le référendum sur la nouvelle constitution autorisant le multipartisme. Certains ont pour cette raison soupçonné le RCD d’avoir été parrainé par le gouvernement pour affaiblir le FFS qui allait être re-légalisé.

Aux élections municipales de juin 1990, que boycotte le FFS dont le mot d’ordre est largement suivi, le RCD, canalise seul la revendication berbère et prend sans difficulté le contrôle de la plupart des localités de Kabylie. En décembre 1991 par contre, lors du premier tour des élections législatives, il ne remporte aucun siège alors que le FFS qui cette fois participe en obtient 25.

Parti laïque et anti-islamique, le RCD était en faveur de l’interruption du processus électoral en janvier 1992. Saïd Sadi avait même pris part à l’élection présidentielle de novembre 1995. Depuis, le RCD a pris ses distances avec le pouvoir militaire. Il a notamment condamné la révision constitutionnelle de novembre 1996 qui met en avant « les valeurs arabo-islamiques » (l’Islam devient « la religion de l’Etat », l’arabe, la seule langue officielle) et prévoit l’interdiction des partis politiques qui se fondent sur une base religieuse, linguistique, corporatiste ou régionaliste. Une loi sur les partis politiques a été votée en ce sens en février 1997. Le RCD a malgré tout annoncé sa participation aux élections législatives du 5 juin 1997.

Il est opposé à tout dialogue avec le FIS et n’a pas participé, pour cette raison, aux rencontres des partis d’opposition (qui ont notamment réuni le FIS dissout et le FFS) à Sant’Egidio en novembre 1994 et janvier 1995, et n’a pas non plus signé « l’Appel pour la paix » de novembre 1996.

Le RCD n’a pas présenté de candidat aux élections présidentielles d’avril 1999 et a appellé à « un boycott actif » de ces élections.

Quand le Président Bouteflika a présenté au Parlement sa loi de « réconciliation nationale » qui offre notamment l’amnestie aux membres de l’AIS (l’Armée Islamique du Salut, la branche armée du FIS), le RCD a boycotté le vote sans pour autant en empêcher l’adoption par une écrasante majorité dans les deux chambres en juillet 1999.