Non-musulmans (en terre d’islam)

Selon le Coran, les adeptes d’autres religions monothéistes résidant de manière permanente en pays musulman sont tolérés et protégés. Seuls les « Gens du Livre » (chrétiens, sabéens, samaritains, juifs et zoroastriens) bénéficient de ce statut. Les « infidèles » (athées, animistes, polythéistes) ne jouissent d’aucun statut privilégié. Anciennement, les Gens du Livre bénéficiaient de ce statut à condition de payer un impôt spécial et d’accepter une situation d’infériorité juridique reconnue. Cette pratique de taxation, qui fut plus ou moins rigoureusement appliquée selon les lieux et les époques, a été abandonnée par tous les Etats musulmans contemporains.

Actuellement, le statut des non-musulmans varie selon les régimes politiques et la législation des pays concernés. Dans la plupart des Etats arabes où vivent de notables minorités chrétiennes ou juives (Egypte, Irak, Jordanie, Liban, Maroc, Palestine, Syrie, Yémen), la constitution garantit en droit l’égalité entre citoyens quelle que soit leur religion. Le droit privé reste quant à lui généralement régi par les lois et coutumes propres à l’une ou l’autre communauté religieuse (tout comme c’est le cas en Israël). Au Soudan, par contre, la Charia est appliquée dans toute sa rigueur à l’ensemble des citoyens, sans tenir compte de leur appartenance religieuse. L’Arabie Saoudite, gardienne des lieux saints de l’Islam, présente un cas particulier puisqu’elle n’autorise l’accès au pays qu’aux personnes prouvant leur appartenance à l’une des trois grandes religions monothéistes, mais en interdisant l’accès aux villes saintes de Médine et de la Mecque aux non-Musulmans.