Un autre accord signé en 1981 et destiné à faciliter et à encourager la promotion du commerce intra-arabe, avait pour objectif l’instauration d’une zone de libre-échange ( libéralisation progressive des échanges et mise en place d’une union douanière).
Cependant, toutes ces initiatives n’ont eu que des effets limités en raison des difficultés économiques et politiques.
La zone arabe de libre-échange
En février 1997, l'Union Economique Arabe (institution créée en 1957 dans le cadre de la Ligue Arabe) a décidé de créer pour 2008 une "zone arabe de libre-échange» (AFTA, Arab Free trade Area)
A cette fin, 18 des 22 membres de la Ligue Arabe ont signé un traité visant à éliminer toutes les barrières commerciales existantes entre eux, en abaissant annuellement de 10% leurs droits de douane à partir de janvier 1998. Les pays signataires de la grande zone arabe de libre-échange (GAFTA, Greater Arab Free Trade Area) sont disposés à aller plus loin en supprimant les droits sur les produits industriels pour 2005, et à libéraliser progressivement les échanges de produits agricoles. Le projet de zone de libre-échange devrait permettre la création d’un marché commun arabe pour 2008.
A l'occasion du sommet de la Ligue Arabe, tenu à Amman en avril 2001 (voir Sommets arabes), les chefs d'Etat ont insisté sur la nécessité d'avancer vers l'objectif à long terme de créer un véritable bloc économique arabe. En septembre 2001, le Conseil Economique et Social de la Ligue Arabe, qui vérifie les progrès réalisés et tient des réunions régulières sur l’état de la situation, s'est réuni à Riyad, où il s’est félicité des progrès importants réalisés et a décidé d’avancer la date de la fin de la période de transition à 2005.
La grande zone arabe de libre échange devrait renforcer les économies des états membres dans le sens suivant:
Créer un marché plus grand et plus homogène et donc attirer plus d'investissements directs étrangers (régional, européen et international).
- Accroître le commerce entre les pays membres: même si certain de ces pays ont des productions similaires et sont donc concurrents sur les marchés d'exportations, ils sont pourtant complémentaires dans plusieurs secteurs (ex. la Tunisie, le Maroc et l'Egypte pourraient exporter des produits textiles et agricoles vers les pays du Golfe, l'Algérie et la Libye).
Réduire la contrebande de produits, qui, soustrayant les produits de la taxe, cause des dommages aux productions locales et fausse la balance des paiements (d’autre part, les producteurs ne sont jamais responsables en cas de faute ou de produits dangereux).
- Renforcer le pouvoir de négociation des pays membres pour traiter avec des blocs commerciaux puissants tels que l'UE ou dans des cadres internationaux comme les réunions de l'OMC (6 pays arabes sont à présent membres de l'O.M.C: le Maroc, la Tunisie, l'Egypte, la Jordanie, Oman et le Koweït).
- Augmenter l'interdépendance économique entre les pays arabes et est essayer d’ augmenter la stabilité et la sécurité dans la région.
Il est à noter que ces récentes tentatives pour promouvoir l’intégration économique inter-arabe et régionale sont plus réalistes que les précédentes : basées sur l’économie, elles impliquent un nombre limité de participants et une intégration progressive des pays dans la zone de coopération. Elles signifient aussi un abandon du principe d'unanimité, qui jusqu'à présent a entravé le développement de la coopération économique régionale.
La création de la zone arabe de libre-échange a répondu au besoin d’accroître le commerce inter-arabe qui demeure très faible (15.5 milliards de $US en 1997), soit moins de 10% de l'ensemble des échanges commerciaux des pays arabes.
Ce programme, au contraire des précédents, insiste sur le rôle du secteur privé. L’Union des Chambres de commerces arabes doit être l’organe directeur pour la mise en place de la zone de libre-échange. Cette instance est chargé de la rédaction d’un rapport bi-annuel sur les difficultés rencontrées par les commerciaux avec les administrations des douanes des pays membres et les agences de régulation des pays-membres.
Une des limites de la grande zone arabe de libre-échange réside dans le fait que les produits agricoles ne bénéficient pas des réductions tarifaires durant la période de récolte. Les régulations techniques et de standardisation restent encore en dehors des compétences de la ZALE.
*Tous les 22 membres de la Ligue Arabe , excepté l’Algérie , Djibouti, les Comores et la Mauritanie.
La réalisation du programme de mise en œuvre d’une grande zone de libre-échange a commencé le premier janvier 1998, avec la participation de 14 des 22 pays membres de la Ligue Arabe, représentant 90% du commerce extérieur arabe et 95% du commerce inter-arabe. Les pays qui n’ont pas commencé à appliquer le programme sont les sept pays arabe les moins avancés (Djibouti, la Somalie, les Comores , le Soudan, la Mauritanie , la Palestine et le Yémen), qui ne peuvent rejoindre la grande zone arabe de libre échange sans assistance extérieure, ainsi que l’Algérie qui mène en ce moment des réformes économiques.
Commerce inter-arabe (CIA)/ Commerce extérieur total (CET)
|
. |
CIA |
CET |
Ratio CIA-CET |
CIA |
CET |
Ratio CIA-CET |
CIA |
CET |
Ratio CIA-CET |
|
Jordanie |
1.056 |
3.504 |
30,13% |
1.496 |
5.467 |
27.37 % |
1.081 |
6.496 |
16,65 % |
|
EAU |
2.236 |
33.389 |
6,7% |
3.291 |
52.389 |
6,28 % |
6.682 |
82.879 |
8,6 % |
|
Bahrein |
2.203 |
7.547 |
29,19% |
2.169 |
7.830 |
27,7 % |
1.967 |
10.312 |
19,08 % |
|
Tunisie |
775 |
9.684 |
8 % |
991 |
13.676 |
7,25 % |
1.151 |
14.229 |
8,09 % |
|
Algérie |
469 |
20.689 |
2,27 % |
560 |
21.042 |
2,66 % |
553 |
29.223 |
1,89 % |
|
Arabie Saoudite |
5.772 |
68.498 |
8,43 % |
6.473 |
78.128 |
8,29 % |
9.249 |
109.055 |
8,48 % |
|
Soudan |
535 |
1.819 |
29,41% |
537 |
1.789 |
30,02 % |
535 |
3.359 |
15,93 % |
|
Syrie |
937 |
6.602 |
14,19% |
1.298 |
8.595 |
15,10 % |
1.357 |
9.072 |
14,96 % |
|
Somalie |
111 |
545 |
20,37% |
185 |
447 |
41,38 % |
146 |
576 |
25,39 % |
|
Irak |
1.578 |
16.839 |
9,37 % |
714 |
1.089 |
65,56 % |
1.050 |
16.843 |
6,23 % |
|
Oman |
3.581 |
8.235 |
43,49% |
2.142 |
10.313 |
20,77 % |
3.359 |
16.694 |
20,12 % |
|
Qatar |
386 |
4.988 |
7,75 % |
572 |
5.609 |
10,19 % |
1.269 |
14.779 |
8,59 % |
|
Kuweit |
535 |
12.231 |
4,37 % |
1.263 |
20.616 |
6,12 % |
1.440 |
27.193 |
5,30 % |
|
Líban |
643 |
2.972 |
21,62% |
733 |
7.376 |
9,94 % |
1.058 |
6.944 |
15,24 % |
|
Libye |
792 |
19.541 |
4,06 % |
1.135 |
13.697 |
8,29 % |
1.040 |
16.095 |
6,46 % |
|
Egypte |
481 |
11.801 |
4,07 % |
924 |
15.180 |
6,09 % |
1.919 |
18.469 |
10,39 % |
|
Maroc |
1.405 |
12.142 |
11,57% |
1.145 |
13.245 |
8,64 % |
1.008 |
20.375 |
4,95 % |
|
Mauritanie |
27 |
857 |
3,15 % |
37 |
1.214 |
3,05 % |
35 |
1.095 |
3,22 % |
|
Yémen |
552 |
3.946 |
14 % |
738 |
3.521 |
20,97 % |
1.045 |
6.418 |
16,28 % |
|
TOTAL |
24.073 |
245.829 |
9,79 % |
26.404 |
281.225 |
9,39 % |
34.107 |
410.106 |
8,32 % |
* Montants en millions d’US $
Source: Arab Monetary Fund