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TURQUIE, partis politiques
Le multipartisme existe en Turquie depuis 1945. Le champs politique est en principe largement ouvert à tous les courants politiques, à l'exception notable des mouvements kurdes et, jusqu'à un certain point, des islamistes. La démocratie turque a subi pas moins de trois coups de force militaires dont le dernier renversa en 1980 le Premier Ministre de l'époque Süleiman Démirel (qui fonda plus tard le Parti de la Juste Voie - DYP). En 1983, les militaires ont cédé le pouvoir aux civils et désigné Turgut Özal (du Parti de la Mère Patrie - ANAP) comme Premier Ministre.
Une nouvelle Constitution fut rédigée et, depuis 1987, tous les partis politiques sont autorisés à participer aux élections. Le Refah (islamiste) fut malgré cela dissout en janvier 1998 et interdit par la Cour Constitutionnelle suite à la pression des militaires.
Le Türkiye Büyük Millet Meclisi (la Grande Assemblée Nationale de Turquie) compte 550 membres élus pour un mandat de cinq ans par suffrage proportionnel et conditionnel à un seuil de 10%. Les dernières élections législatives ont eu lieu en avril 1999.
Les principaux partis politiques en Turquie sont:
Le DSP (Gauche Démocratique): fondé en 1985 by Rahsan Ecevit, l'épouse de Bülent Ecevit, à une époque où il était interdit d'activité politique, ce parti de centre-gauche est dirigé depuis 1987 par Bülent Ecevit. Le DSP était un parti minoritaire jusqu'à ce qu'il gagne 76 sièges lors des élections de décembre 1995. Il est opposé au libéralisme économique et en particulier à la privatisation. Il a approuvé la participation turque à l'OTAN et l'adhésion à l'UE bien qu'il critique le contenu de l'Union Douanière. Le DSP, dont le dirigeant était Premier Ministre lors de la capture d'Abdullah Oçalan en février 1999, fut le grand vainqueur des élections d'avril 1999 avec 22,3% des votes et a obtenu plus grand nombre de sièges au sein du parlement turque (136 sur un total de 550). De ce fait, Bülent Ecevit sera probablement reconduit comme chef de gouvernement.
Le MHP (Parti de l'Action Nationale): parti ultra-nationaliste (également connu sous le nom de "Loups Gris") fondé en 1969 par feu Arpaslan Türkes. Structuré comme un organisation para-militaire, le MHP était largement responsable de l'escalade de la violence à la fin des années 70 (environ 5.000 victimes. Le MHP était dissout après le coup d'Etat de 1980 pendant que Türkes et d'autres étaient emprisonnés au début des années 80 pour le meurtre de plusieurs personnalités publiques. En 1995, Türkes est autorisé à reconstituer le MHP et à prendre part aux élections législatives qui font gagner au parti 8,5% des votes. Les funérailles de Türkes en avril 1997 ont attiré 300.000 personnes incluant des figures politiques de tous bord. Le MHP est devenu, avec 129 sièges et plus de 18% des voix, le deuxième parti politique de Turquie après les élections d'avril 1999.
Le Parti de la Vertu (voir FAZILET): créé en 1997 pour remplacer le REFAH banni. Il a obtenu 15 % des voix et 111 sièges au parlement turc lors des élections générales d'avril 1999 en devint ainsi le troisième parti par ordre d'importance.
L'ANAP (Parti de la Mère Patrie): fondé en 1983 par Turgut Özal, l'ANAP est un parti de centre-droit. Il a dirigé la Turquie de 1983 à 1991; en 1995 dans une brève coalition gouvernementale avec le DYP; puis de juillet 1997 à novembre 1998 avec Mesut Yilmaz à sa tête. Il a transformé l'économie turque dans les années 80, introduisant des réformes libéralisant l'économie et réduisant la taille du secteur public. C'est également lui qui posa la candidature de la Turquie à la Communauté Européenne en 1987. Lorsqu'il était dans l'opposition, l'ANAP a critiqué l'Union Douanière avec l'Union Européenne, arguant de ce que ses termes ne étaientt pas dans les intérêts de la Turquie. L'ANAP est un des grands perdants des élections législatives d'avril 1999 en devenant le quatrième parti du pays avec un peu moins de 14% des votes.
Le DYP (Parti de la Juste Voie): fondé en 1983 par Süleiman Demirel (bien que banni des élections jusqu'en 1987) est conservateur et retire un fort soutien de la campagne. En dépit du fait que son programme économique et politique est presque identique à celui de l'ANAP, les deux partis font la compétition pour le pouvoir plutôt que coopèrent pour former des coalitions fortes. Comme résultat, la division de la droite a facilité la levée au pouvoir du Refah en 1995. Lors des élections législatives de 1991, le DYP a adopté une majorité étroite de votes et formé une coalition gouvernementale avec le parti de centre-gauche, le SHP. En 1993, Demirel a succédé à Turgut Ozal comme Président de Turquie et a été remplacé à la tête du parti et comme Premier Ministre par Tansu Ciller. Les réformes économiques sont devenues la pierre d'angle de la politique du DYP sous sa direction. Sa participation à l'OTAN et d'autres alliances stratégiques tout comme la candidature à l'UE ont été maintenu avec enthousiasme pendant que l'Union Douanière avec l'UE était négociée et conclue. Suite aux élections d'avril 1995, le DYP est devenu la cinquième formation politique du pays avec 12,5% des voix.
CHP (Parti Républicain du Peuple): créé en 1923 par Mustapha Kémal Atatürk et actuellement dirigé par Deniz Baycal, c'est le parti de centre-gauche le plus fort depuis sa fusion, en février 1995, avec le principal parti de gauche d'alors le SHP. La fusion a cependant poussé beaucoup de politiciens ex-SHP de quitter le CHP et de rejoindre les rangs du DSP. Beaucoup ont blâmé les nouveaux dirigeants de ne pas être assez à gauche: Bayçal est en effet en faveur d'une politique économique libérale et de l'Union Douanière. Il soutient également la reconnaissance formelle des droits culturels et linguistiques des Kurdes. Suite aux élections législatives d'avril 1999, le CHP - qui n'a obtenu que 8,7% des voix - a disparu des rangs de l'Assemblée et ce pour la première fois de son histoire
Le HaDeP (le parti Démocratique du Peuple): groupe politique kurde qui fut établi en 1994 pour remplacer le DeP (fermé par un ordre du tribunal). Le HaDeP a pris part aux élections de 1995 et a emporté 4,2% des votes. Empêché par le seuil de 10% d'accéder au Parlement, il a donné la plupart de ses votes au Refah afin qu'elles ne soient pas gaspillées. HaDeP est le seul parti autorisé (contrairement au PKK) qui déclare représenter les intérêts kurdes. Cependant, un juge d'Ankara a ordonné à la mi-février 1998 l'arrestation des 57 membres du directoire du parti dont son leader Murat Bozlak. En dépit de cette situation, le parti a pris part aux élections législatives d'avril 1999. Il n'a de nouveau pas atteint le seuil des 10% pour entrer au Parlement mais a progressé en terme de voix et remporté les élections locales dans de nombreuses villes du sud-est de la Turquie (notamment Agri, Batman, Bingöl, Diyarbakir, Siirt, Van).
(avril 1999)
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