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YILMAZ, Mesut

Né en 1947 à Istanbul, Mesut Yilmaz a fait des études en sciences politiques à Ankara, puis à Londres et à Cologne.

Après avoir travaillé dans le secteur privé, il entre en politique en 1983 comme proche collaborateur de Turgut Ozal, fondateur du Parti de la Mère Patrie (ANAP, parti de droite). Jusqu'en 1989, il fait successivement partie de différents cabinets ministériels (Culture et Tourisme, Affaires Etrangères). En 1991, élu à la tête de l'ANAP, il devient brièvement Premier ministre de juin à novembre, date à laquelle son parti perd les élections.

Suite aux élections de décembre 1995, son parti, l'ANAP, forme avec le Parti de la Juste Voie (DYP, parti de droite) une éphémère coalition gouvernementale, pour ensuite retourner dans l'opposition.

Il devient pour la troisième fois Premier Ministre en juillet 1997 après la chute du gouvernement Erbakan/Ciller mais son gouvernement tombe, accusé par l'opposition de collusion avec la mafia turque, lors d'un vote de défiance le 25 novembre 1998. Présenté comme un adversaire féroce de Tansu Ciller, il est pourtant, lui aussi, partisan de l'économie de marché et de liens étroits entre la Turquie et l'Europe.

A la suite du scrutin législatif du 18 avril 1999, le Parti de la mère patrie (ANAP), qui a réalisé un modeste score de 13,22%, rejoint tout de même une coalition inédite menée par le Parti de la gauche démocratique (DSP, gauche nationaliste) de Bülent Ecevit, qui devient Premier ministre, et dont fait également partie le Parti de l'action nationaliste (MHP, extrême droite) dont le leader Devlet Bahçeli devient l'un des Vice-Premiers ministres. Mesut Yilmaz, également Vice-Premier ministre, sera également chargé dans le gouvernement Ecevit du dossier de la candidature turque à l'Union Européenne. A ce titre, il est en fonction lorsque la candidature turque est officialisée au sommet européen d'Helsinki en décembre 1999.

Faisant les frais d'un manque de charisme, d'une crise interne à l'ANAP, de la rivalité au sein de la droite avec le Parti de la juste voie (DYP) de Tansu Ciller, de la crise économique, le tout sur fond de montée en puissance du Parti de la justice et du développement (AKP) qui remporte les élections législatives du 3 novembre 2002 avec 34,27% des suffrages, Mesut Yilmaz, pourtant très motivé par le dossier européen, et son parti, perdent ces élections en ne réalisant qu'un score de 5,12%, synonyme d'exclusion du Parlement.

Rapidement, Mesut Yilmaz annonce qu'il démissionne de son poste de président de l'ANAP (il sera remplacé par Ali Talip Ozdemir) et qu'il quitte la politique. La perte de son immunité parlementaire l'expose aujourd'hui, tout comme Tansu Ciller, à des poursuites judiciaires pour des faits remontant aux années quatre-vint dix et concernant lesquels les procédures judiciaires étaient jusque-là gelées.

Voir aussi:
TURQUIE
TURQUIE, partis politiques

(août 2003)
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