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CILLER, Tansu
Personnalité politique turque née à Istanbul en 1946, Tansu Ciller a fait ses études dans un établissement américain d'Istanbul, puis aux Etats-Unis. Professeur d'économie dans plusieurs universités américaines et turques, elle a aussi été conseillère auprès de la Banque Mondiale. Elle est l'auteur de différents ouvrages sur l'économie turque.
Sa carrière politique débute en 1990 comme adjointe de Süleyman Demirel, alors chef du Parti de la Juste Voie (DYP, parti de droite). Elle contribue au rajeunissement des cadres de ce parti en quête d'une nouvelle image. Ministre d'Etat à l'Economie dès novembre 1991, elle est élue en juin 1993 à la tête du DYP en remplacement de Süleyman Demirel (devenu lui-même chef de l'Etat à la suite de la mort de Turgut Ozal). Reconduisant une coalition, au pouvoir depuis novembre 1991, avec le Parti Populiste Social-Démocrate (SHP), elle devient alors Premier ministre en qualité de chef du plus grand groupe parlementaire. Elle est la première femme à ce poste en Turquie.
Suite aux élections législatives anticipées de décembre 1995, le parti de Tansu Ciller perd sa majorité au Parlement au profit du Parti de la Prospérité (Refah, islamiste) de Necmettin Erbakan. Après une tentative infructueuse de coalition gouvernementale avec son rival Mesut Yilmaz (Parti de la Mère Patrie, ANAP, parti de droite), elle conclut avec Necmettin Erbakan - malgré ses professions de foi laïques - un accord de partage du pouvoir qui prévoit pour la première fois dans l'histoire de la Turquie moderne le principe de rotation au poste de Premier ministre.
Elle occupe le poste de vice-Premier ministre et de ministre des Affaires Etrangères jusqu'au 18 juin 1997, lorsqu'elle prend à son tour, brièvement, la tête de ce gouvernement qui tombe deux semaines plus tard - sur pressions de l'armée - et est alors remplacé par une nouvelle majorité conduite par Mesut Yilmaz.
Libérale, pro-occidentale, son parti a néanmoins intégré, pendant sa présidence (1993-2002) des personnalités issues de l'extrême droite, de l'armée et de la police. Elle a démissionné de ses fonctions de présidente du DYP (remplacée ensuite par Mehmet Agar) lors des élections législatives du 3 novembre 2002. La perte de son statut de parlementaire l'expose désormais à des poursuites judiciaires jusque-là gelées.
(juillet 2003)
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