Société
Environ 2 millions de Marocains vivent à l’étranger, dont 80% en Europe et 40% en France : France (800.000), Espagne (250.000), Pays-Bas (250.000), Italie (100.000), Belgique (125. 000), Allemagne (100.000), Etats-Unis (85.000), Canada (60.000), Algérie (300.000), Libye (140.000). Beaucoup de Marocains vivant à l’étranger, disposent de la double nationalité. Bien que la France, la Belgique, l'Allemagne et la Hollande demeurent les principaux pays d’accueil, les migrations ont désormais plutôt tendance à s'orienter vers de nouveaux pays comme l'Italie, l'Espagne, les Etats-Unis, la Sacandinavie et surtout les pays du Golfe.
L’immigration marocaine est un phénomène récent qui a culminé dans les années 1960. A l’époque, la France a signé avec le Maroc des accords de travail préférentiels. Mais suite à la récession économique et à la crise du pétrole, les gouvernements concernés décidèrent de stopper l’immigration. A partir de 1975, l’immigration s’est toutefois poursuivie au nom du regroupement familial.
Le statut de la femme marocaine est longtemps resté le moins avancé de tous les pays du Maghreb. Il se fonde sur les principes de la tutelle et de la soumission. Longtemps, la volonté de réforme de la société et des gouvernants s’est heurtée à l’opposition islamiste.
Cependant lors de son discours d’ouverture de la session d’automne du Parlement, le 10 octobre 2003, le roi Mohammed VI a présenté les grandes lignes d’un nouveau code de la famille (Moudawana).
Cette réforme vise à renforcer les droits des femmes et l’égalité dans la société marocaine. En voici les points principaux :
- Disparition du principe d’obéissance de l’épouse à son mari (consacrée dans le code actuel de 1957).
- Elévation de l’âge légal pour le mariage des femmes de 15 à 18 ans.
- Suppression de la tutelle masculine pour le mariage
- Stricte limitation de la polygamie
- Capacité d’initiative du divorce garantie aux femmes
- Répudiation (droit exclusif des maris) conditionnée à une autorisation de justice.
- Partage de l’autorité parentale en cas de divorce
- Reconnaissance d’un droit de propriété aux femmes et consécration de la notion de communauté des biens acquis par le couple après le mariage.
La chambre des Représentants du Maroc a adopté le 16 janvier 2003 la loi sur la réforme du code de la famille (le texte a été voté à l’unanimité). Les réactions de la société marocaine à ces réformes ont été plutôt positives, notamment parmi les associations féministes. Le nouveau texte a également été salué par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France.
La société marocaine est très inégalitaire sur le plan socio-économique: 18% de la population détient plus de la moitié des ressources alors que 20% de la population vit dans des conditions de pauvreté absolue. La classe moyenne ne représente que 5% de la population.
Les Berbères sont les premiers habitants d’Afrique du Nord, avant la conquête des Arabes dans la région au XVIIème siècle. Sur un plan ethnique, les Berbères représentent une large majorité de la population marocaine, alors qu’en terme d’ « identité », ils ne représentent que 40% de tous les Marocains. Ils se font appeler « Amazigh », ce qui signifie dans leur langue, le Tamazight, « homme libre ». Le Tamazight, bien que rarement écrit, reste vivant dans des zones rurales, notamment dans l’Atlas, dans le Riff et dans le désert du Sahara, où il est parlé par les Touaregs. A travers l’histoire, les Touaregs ont fondé plusieurs dynasties puissantes. Les Almoravides, aux XIème et XIIème siècles, étaient toutes les deux des dynasties berbères.
Une renaissance berbère est à l’œuvre actuellement au Maroc mais aussi en Algérie. De plus en plus, les Berbères demande la reconnaissance de leur identité, de leur langue et de leur alphabet, le Tifinagh. Répondant à une demande de longue date de la part de la Communauté berbère, le Roi Mohammed VI a créé l’Institut Royal de la Culture Amazigh en octobre 2001 pour préserver et promouvoir la culture Amazigh. Cependant, des questions restent en suspend comme la reconnaissance constitutionnelle de la composante Amazigh de la population, la reconnaissance de l’Amazigh comme langue nationale, l’enseignement de l’Amazigh à tous les niveaux du système éducatif ou la levée de l’interdiction qui concernant l’inscription des prénoms Amazigh dans le registre civil.
La présence juive au Maroc remonte à l’époque romaine, avant la conversion de la région à l’Islam. Une arrivée massive de Juifs se produisit en 1492, ils étaient chassés par la rouyaté espagnole. (Le terme Sephardim vient du mot hébreu Sepharad, qui signifie Espagne, c’est-à-dire les Juifs originaires d’Espagne mais désigne aussi aujourd’hui les Juifs Orientaux – ou Mizrahim – de tous les pays musulmans. De nos jours, il y a environ 20.000 Juifs au Maroc (soit 0,2% de la population totale). Il y a quarante ans, les Juifs représentaient un demi-million, soit 4% de la population. Au début des années 1960, presque tous ont immigré en Israël et en France.
L’economie
Dans les années 1980, le gouvernement a adopté un Plan d’Ajustement structurel du FMI qui inclut une politique fiscale et monétaire restrictive, des initiatives visant à libéraliser l’économie et le taux d’échange extérieur (le Dirham est désormais totalement convertible), et qui encourage la libéralisation de l’économie.
L’économie reste fortement dépendante des conditions climatiques dès lors que l’agriculture est un secteur économique majeur (1/5 du PIB et presque la moitié de la force de travail nationale). Depuis 1998, la sécheresse a beaucoup affecté les récoltes marocaines. En novembre 2002, le Maroc a été touché par de fortes pluies et fut le théâtre d’inondations causant d’importants dommages dans la région de Casablanca.
L’Etat a mis en place un plan économique pour 1999-2004 visant à réduire massivement le déficit et le nombre de chômeurs, et à renforcer le commerce international et les investissements étrangers.
Le Roi est connu pour être un défenseur des réformes économiques et de la libéralisation politique. Cependant, les réformes économiques se font faites plutôt lentement ces dernières années.
Depuis qu’il a pris le contrôle de la majeure partie du Sahara Occidental, le Maroc est devenu le premier exportateur de phosphate au monde. Au mois d’août 2000, le Roi a formellement annoncé la découverte de réserves de pétrole et de gaz à Tilsint, à proximité de la frontière avec l’Algérie. Ces réserves sont supposées couvrir les besoins énergétiques du Maroc pour 20 ou 30 ans. Jusqu’alors, on pensait que le Maroc ne disposait pratiquement pas de pétrole et de gaz, puisqu’il importait 90% de son pétrole et de son gaz.
Les ressources offshore en pétrole et en gaz du Sahara Occidental sont en effet présentées comme substantielles. En 2001, le Maroc a signé des contrats pour rechercher ce pétrole. En février 2002, les Nations Unies ont considéré qu’il n’avait aucun droit à nouer des contrats qui auraient pour effet d’exploiter du pétrole au Sahara Occidental.
La question du Sahara Occidental
Les frontières entre le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Sahara Occidental proviennent des zones d’influences coloniales de la France et de l’Espagne. Le Maroc a concretisé ses visées sur le Sahara Occidental en organisant la « Marche verte », le 7 novembre 1975, lorsque 350.000 marocains venus de tout le pays ont défilé vers le Sahara Occidental. Le 14 novembre, l’Espagne signa un accord avec le Maroc et la Mauritanie pour la répartition de son territoire et rapatria une partie de ses troupes. Au mois d’août 1979 la Mauritanie renonçait à sa portion de territoire, qui a été immédiatement annexée par le Maroc (nouvelle province de Oued ed-Dahab).
En Février 1976, le Front Polisario (Front Populaire de Libération de Saguia el Hamra et Rio de Oro) s’est proclamé officiellement gouvernement en exil de la République Arabe Démocratique Sahraoui (R.A.D.S).
Lors du cessez-le-feu, en 1991, les Nations Unies ont proposé un plan de paix prévoyant la tenue d'un referendum ayant pour solution soit l'indépendance soit l'annexion.
En février 2003, l'envoyé personnel du Secrétaire-général des Nations Unies, James Baker, a présenté une nouvelle proposition d’autodétermination aux deux parties. Selon le Secrétaire-Général des Nations Unies, Kofi Annan, ce plan «juste et équilibré», combine des éléments de la proposition de l’accord cadre et les éléments acceptés du Plan de règlement. La proposition envisage une période de transition de quatre ou cinq années avec partage des responsabilités entre les deux parties et à la suite duquel se tiendrait le referendum d’autodétermination. Cependant, cette proposition n'est pas object d'accord.
Les rélations extérieures
Le Maroc fut un des membres fondateurs de l’Union du Maghreb arabe (UMA) avec l’Algérie, la Libye, la Mauritanie et la Tunisie. Le traité de cette structure d’intégration régionale fut signé à Marrakech en février 1989. Cependant l’UMA est une structure moribonde en raison du différend entre le Maroc et l’Algérie sur le Sahara Occidental. De plus, un autre différend opposé la Libye à la Mauritanie lorsque celle-ci a normalisé ses relations avec Israël en 1999.
Le Maroc participa avec la Mauritanie, Israël, la Jordanie, la Tunisie et l’Egypte à l’initiative méditerranéenne de l’OTAN lancée en 1995. Il pris également part au Dialogue méditerranéen de l’UEO.
Le Maroc a démarré des relations diplomatiques de « faible intensité » avec Israël en 1994. Un « bureau de liaison » marocain a été ouvert à Tel Aviv, ainsi qu’un bureau israélien à Rabat. Suite au Sommet arabe du Caire, les autorités arabes ont mis fin à leur relations diplomatiques avec Israël le 23 octobre 2000 dans le contexte de la deuxième Intifada.
Dans la perspective de la zone euro-méditerranéenne de libre-échange prévue pour 2010, la Maroc a signé la Déclaration d’Agadir avec la Tunisie, l’Egypte et la Jordanie en mai 2001. Cette déclaration vise à la création d’une zone de libre-échange entre les pays arabo-méditerranéens.
Rélations Maroc-Union européenne
Le premier accord d’association entre le Maroc et l’Union européenne (Communauté européenne) a été signé en 1969. Il a été ensuite remplacé par un accord de deuxième génération en 1976, dans le cadre de la Politique méditerranéenne Globale (voir Coopération euro-méditerranéenne, historique).
Les accords de coopération et les protocoles financiers ont été renouvelés en 1981 et en 1986, avec un accroissement considérable des prêts accordés. Le Parlement européen a reporté l’approbation du protocole financier de quatrième génération (1992-1996), manifestant son désaccord concernant l’attitude du Maroc sur le dossier des droits de l’homme au Sahara occidental. Le protocole fut finalement signé en octobre 1992.
Le Maroc a présenté sa candidature à la Communauté européenne en 1987, mais sa requête fut rejetée au titre que le Maroc n’était pas un pays européen.
Suite à la création du Partenariat euro-méditerranéen, le Maroc et l’UE ont signé un accord d’association en 1996 (entré en vigueur en mars 2000).
L’accord de pêche 764 entre l’UE et le Maroc signé en 1995 a expiré en novembre 1999 mais n’a pas été renouvelé à ce jour, en raison d’un désaccord sur la compensation financière pour la coopération en matière de pêche. L’UE a signé en août 2001 un nouvel accord avec la Mauritanie (et d’autres pays africains). Cet accord qui va assez loin, devrait accélérer la fin de l’accord entre l’UE et le Maroc.
Le Maroc effectue plus de la moitié de son commerce extérieur avec l’UE (29,5% avec la France et 14,4% avec l ‘Espagne). En 1998, les exportations du Maroc vers l’UE s’élevaient à 4,529 milliards d’USD, et les importations à 5,571 milliards. La balance commerciale est largement en faveur de l’UE (7,700 millions d’euros).
Dans le cadre de la politique de « Nouveau voisinage » lancé en 2003 par l’UE vis-à-vis de ses voisins de l’Est et du Sud, le Maroc figure parmi les 7 pays prioritaires pour lesquels un plan d’action sera négocié rapidement en 2004. Le Maroc s’achemine donc vers un statut avancé dans ses relations avec l’Union européenne.
Le Marco fait aussi partie intégrante du projet d'Union pour la Méditerranée lancé par Nicolas Sarkozy le 13 juillet 2008.